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L'attaque du camp de Grenelle, 1796.

Boulevard de Grenelle Paris Paris

En 1796, un campement militaire était installé dans la plaine de Grenelle, dans un espace qui serait aujourd'hui entouré de la Seine à l'ouest, de la rue Violet à l'est, de la rue du Théâtre au sud et du boulevard de Grenelle au nord. Le 9 septembre 1796, une foule de gens s'était rassemblée chez un marchand de vins de Vaugirard, à l'Auberge du Soleil d'Or. Anciens membres des comités révolutionnaires, partisans de Gracchus Babeuf, ils avaient décidé d'aller attaquer à mains nues le campement afin de voler les armes. Un ancien militaire, appelé Lay, s'était baptisé "général Sans-Souci" et avait pris la tête du cortège dans un uniforme acheté la veille au Palais-Royal. Il était dix heures du soir. Les militaires, qui n'avaient rien vu venir, allaient être submergés par la foule. Les tentes étaient écrasées. On se battit vivement et 60 personnes furent arrêtées. Le lendemain, 72 autres, ouvriers et petits commerçants, étaient conduits en prison. Tous furent enfermés au Temple. Le Conseil militaire, chargé de juger, s'installa au Temple pour plus de commodité le 19 septembre et prononça 13 peines de mort, 10 détentions, 10 déportations. Le 27 septembre, un deuxième jugement condamna 4 personnes à mort, 3 à la réclusion. Le 9 octobre, un troisième jugement prononça 8 peines de mort. On fusilla les condamnés par vagues à partir du 20 septembre au camp de Grenelle. Au total, 31 personnes allaient être exécutées. Babeuf (photo) et ses proches furent fusillés le 27 mai 1797.

(dessin X, DR)