Retour à la liste

Fournée de guillotinés, juillet 1794.

Paris Paris Île-de-France

Le 22 juillet 1794, la g uillotine est alors dressée sur la place du Trône (de la Nation), que l'on appelle alors, par dérision, "place du Trône renversé" (v. la guillotine au "Trône renversé"). Incognito, l'abbé réfractaire Carrichon accompagne dans la foule la maréchale de Noailles que l'on guillotine à 85 ans bien qu'elle soit "retombée en enfance". On guillotine aussi la duchesse d'Ayen (photo) et la vicomtesse de Noailles. C'est-à-dire que l'on tue la mère, la belle-fille et la petite-fille. L'abbé leur a promis son soutien. Il s'est vêtu d'une veste rouge pour qu'elles le voient et a assisté, devant le palais de justice, à la sortie des charrettes qu'il a suivies jusqu'à la place du Trône. Les charrettes contiennent notamment huit femmes. Le prêtre va réussir au dernier moment à se faire remarquer des condamnées et, de loin, discrètement, leur donner l'absolution. Il note que les bourreaux se montrent délicats et décents, à la différence de la foule qui rie. Ils placent par exemple les condamnés dos à l'échafaud afin qu'ils ne puissent rien voir. Ce jour-là, le premier exécuté est un fermier général, Jules Sosthènes de Laborde. Le vieillard aux cheveux blancs monte. La guillotine est orientée vers le nord. Sanson se tient à l'ouest et l'attrape par le bras gauche, un aide se tient à l'est et l'attrape par le bras droit, un autre aide lui prend les jambes. En un instant, il est couché sur le ventre, la tête coupée, jetée ainsi que le corps tout habillé dans un vaste tombereau où tout nage dans le sang.

(dessin X, DR)