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La Révolution couve au faubourg Saint-Antoine, 1789.

1.5 km

55 Rue du Faubourg Saint-Antoine Paris

Annonçant la Révolution, les émeutes commencent en avril 1789 au Faubourg Saint-Antoine. Un fabricant de papiers peints nommé Réveillon, l'un des plus puissants manufacturiers du faubourg, est accusé de tous les maux. Son effigie est brûlée place de Grève par la foule le 27 avril. Le lendemain, sa maison est dévastée, pillée, ainsi que les maisons voisines. Réveillon doit se réfugier à la Bastille… L'émeute se termine dans le sang, par une fusillade de la troupe. Nous sommes l'avant-veille de l'ouverture des États généraux, à Versailles. Le bruit court que Réveillon parle durement des ouvriers et projette de réduire les salaires de vingt à quinze sous, qu'il a jugé le froment trop bon pour le peuple qui pourrait bien se contenter de pommes de terre. Réveillon est cependant aimé de ses ouvriers, il a nourri leurs familles durant le rude hiver de 1788-1789 où les commandes s'étaient ralenties. Aucun d'eux ne participe à l'émeute. En réalité, Réveillon avait imaginé de diminuer les taxes d'entrée dans Paris pour diminuer le prix du pain et du même coup le montant des salaires, mais tout en préservant le pouvoir d'achat. Cependant, seule la diminution des salaires avait été entendue. On va donc brûler l'effigie de ce Réveillon. Six mille hommes marchent vers son atelier en semant la terreur, dévalisant, brutalisant les passants, mais acclamant la duchesse d'Orléans qui passe par hasard. La vingtaine de soldats qui défend Réveillon est impuissante devant le nombre. Les portes sont enfoncées, tout est saccagé jusqu'à l'intervention d'une compagnie de gardes suisses et de gardes françaises. Les assaillants vont être taillés en pièces par les militaires pendant que certains meurent empoisonnés à la cave pour avoir pris de l'acide nitrique pour de l'alcool. Il y aura 400 morts. Les services de renseignements diront au roi que l'opération a été provoquée et financée par le duc d'Orléans qui, du Palais-Royal, attise la révolution.

Réveillon s'est donc réfugié à la Bastille, mais il va avoir la présence d'esprit de la quitter en mai, échappant ainsi au sort funeste qui lui aurait été réservé si on l'y avait découvert le 14 juillet…

Le 13 juillet 1789, en pleine émeute au faubourg Saint-Antoine, des volontaires vont former spontanément formé une "garde bourgeoise" dont La Fayette sera promu commandant et qu'il baptisera aussitôt "Garde nationale".

Dans la nuit du 13 au 14 juillet 1789, de nombreuses barrières de Paris (Saint-Antoine, Saint-Marcel, Saint-Jacques, Saint-Honoré, sont forcées et incendiées par des brigands armés de bâtons et de piques qui pillent les maisons dont les maîtres sont regardés comme des ennemis du bien public. Les canons sont volés, les boutiques des armuriers pillées, les prisons ouvertes, la maison de Saint-Lazare, résidence des prêtres de Saint-Vincent-de-Paul, dévastée (v. 10è arr, rue du Fg Saint-Denis).

Le 7 avril 1791, on assiste à de nouvelles émeutes dans Paris. Une paroissienne qui se confesse dans l'église des Filles Sainte-Marie, au Faubourg Saint-Antoine, est traînée dans la rue, déshabillée, fouettée jusqu'au sang. Ce n'est qu'un exemple. Les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul vont subir ce sort deux jours plus tard, le lundi de Pâques, 9 avril 1791 (v. 10è arr, pl Frantz-Liszt).

(dessin X,DR)