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Conspirateurs pour Louis XVIII, 1797.

4 Rue des Petites Écuries Paris

Au numéro 4, au fond de la cour, demeure en 1797 un nommé Frédéric Poly, 26 ans, se disant fabricant de verre, qui sera au centre d'une conspiration royaliste destinée à porter Louis XVIII sur le trône. La conspiration est découverte dans les premiers jours de Pluviôse an V, c'est à dire en février 1797. Elle est démantelée à l'École militaire le 11 Ventôse, c'est à dire le 1er mars 1797, avec l'arrestation de trois "conspirateurs", Thomas Duverne de Presle, 33 ans, qui se fait appeler Théodore Dunan et se dit marchand épicier, André Brottier, 46 ans, et Charles Berthelot de La Villeurnoy, 47 ans. Tous trois détiennent des lettres et ordres de mission signés du comte de Provence, le futur Louis XVIII. En cascade, on arrête Jean-François de Bar, général de 66 ans, Jean-François de Vauvilliers, professeur de grec au Collège de France, 60 ans, Jean Labarrière, militaire de 53 ans, et Antoine de La Chaussée, architecte parisien de 31 ans. On arrête encore Charles Sourdat, 20 ans, Jean Mersix, avocat de 45 ans, et Jacques Leveux, négociant à Calais, 51 ans. Selon les plans en leur possession, les ordres sont de s'emparer simultanément des Invalides, de l'École militaire, de l'Arsenal, la Monnaie, les Tuileries, les magasins, messageries, et surtout du dépôt de munitions de Meudon, d'Essonne, du donjon de Vincennes, etc...  Le quartier général devant être fixé au Temple. Les candidats comploteurs sont envoyés par des rabatteurs jusqu'au domicile de Poly. Ce dernier dit avoir reçu 24.000 livres de l'Angleterre. Le Conseil de guerre refusera de les condamner à mort en considérant qu'ils ont plutôt agi par erreur que par fanatisme, qu'ils se sont montrés francs devant lui, que l'entreprise n'a pas été funeste à la république. Il prononcera 10 ans de réclusion pour Brottier et Presle, 5 ans pour Poly, et 1 an pour Villeurnoy le 8 avril 1797.

(dessin X, DR)