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Hanriot et son "banquet fraternel", 1793.

Rue de la Clef Paris Paris

François Hanriot (photo), un agitateur qui demeurait rue de la Clé sous la Révolution, avait des idées très communautaristes et exigea par exemple l'organisation dans la rue, en 1793, d'un "souper fraternel". Chacun devait participer et apporter son plat pour l'échanger avec son voisin. Il était arrivé à Hanriot, qui voulait rançonner les riches, de faire irruption, un pistolet à la main, dans une institution d'enseignement de la rue pour y casser les "emblèmes contre-révolutionnaires" qui ornaient la façade et les bustes des dieux romains qu'elle abritait… Pendant ce temps, il cachait ses richesses, son mobilier d'acajou, ses estampes, dans un appartement de la rue du Battoir. Il finit par se faire remarquer et réussit à prendre la tête d'une troupe qui assiégea la Convention le 2 juin 1793. Avec ces 80.000 hommes, des gardes nationaux, il obtint, sous la menace des canons, que la Convention lui livre 29 des siens, députés de la Gironde… Hanriot se déclara alors "général" et acquit la célébrité. Il s'installa rue du Martroi, une ruelle qui traverserait aujourd'hui l'Hôtel-de-Ville d'est en ouest. C'est là que Héron, Pillé et Rigogne viendront l'arrêter le 9 thermidor sur ordre du Comité de sûreté générale. Il donnera l'ordre de les poignarder, mais en vain, personne n'obéira. Il s'enfuira cependant, prendra la tête d'une petite troupe et réapparaîtra le soir à l'Hôtel-de-Ville. Là, il sera jeté par une fenêtre par Pierre-André Coffinhal, autre fanatique de la Révolution. Le lendemain, 10 thermidor, Hanriot sera embarqué dans la charrette de Robespierre et guillotiné.

(dessin X, DR)