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On "assassine" Collot, mai 1794.

4 Rue Favart Paris

Un architecte et un perruquier, nommés Éloi Lorgne et François Riom, demeurant l'un au numéro 4 et l'autre au numéro 2 de la rue Favart, remplissent leur devoir de gardes nationaux en patrouillant devant chez eux, le soir du 4 prairial an II, c'est à dire du 23 mai 1794. Lorsque tout à coup, ils sont alertés par des cris, dans l'escalier de l'immeuble situé au numéro 4, place Favart. "A l'assassin ! On m'assassine !" hurle un inconnu en dévalant l'escalier pour se jeter dans leurs bras, dans la rue. Ils reconnaissent alors le "citoyen Collot", dit "d'Herbois" (photo). Collot, ancien comédien dont le nom de scène est "d'Herbois", est un conventionnel montagnard de 45 ans, partisan de la Terreur et membre du Comité de salut public depuis sa création un an plus tôt. En haut de l'escalier, bravant la menace, ils arrêtent un nommé Henri Admiral, 50 ans, originaire du Puy-de-Dôme et autrefois garçon de bureau de la Loterie royale. Il explique avoir attendu quatre heures Robespierre au Comité de salut public pour le tuer mais, ne l'ayant pas trouvé, il s'est rabattu sur Collot d'Herbois qu'il regrette beaucoup d'avoir manqué. Il admet avoir tiré deux coups de pistolet sur Collot qui arrivait en haut de l'escalier, afin de faire "une œuvre de bienfaisance pour la République". Admiral demeure dans l'immeuble, au cinquième étage, alors que Collot demeure plus bas. Lorsque la concierge est allée, vers une heure du matin, ouvrir à Collot et l'éclairer de sa chandelle, il a dévalé l'escalier et s'est précipité sur lui en le traitant de "scélérat", mais ses armes ont fait long feu... Le soir-même, un réquisitoire signé de Fouquier-Tinville en personne l'enverra devant le tribunal révolutionnaire. Admiral sera guillotiné le 17 juin 1794, dans une importante "fournée".

(dessin X, DR)