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Les Tape-dur au Café Chrétien, 1792.

Rue Favart Paris Paris

Le généralissime-brigand, Stanislas Maillard (v. 6è arr, bd Saint-Germain) auquel le Comité de sûreté générale a confié la police de Paris en récompense de ses massacres dans les prisons de l'Abbaye et des Carmes en septembre 1792 (v. 6è arr, couvent des Carmes), a installé son quartier général au café Chrétien, rue Favart, et embauché une troupe de voyous, les "Tape-dur", qui bousculent les gens dans la rue, les menacent, règnent en despotes insolents, pillent les logis dont ils se font ouvrir la porte en pleine nuit "au nom de la loi". Ils vont parfois jusqu'à se comporter en chauffeurs pour se faire donner un magot. Il leur arrive aussi de boire la cave de leurs victimes… Le café Chrétien est le repaire de tous les Montagnards de la Convention, des tyrans et des révolutionnaires qui vivront vivre le 9 thermidor comme un désastre. Maillard (photo), qui habite place de Grève, échappera au retournement du 9 thermidor car il mourra en avril 1794 d'une maladie pulmonaire. On lui trouvera aussitôt un successeur, Héron, un homme d'affaires malheureux qui prendra soin de faire guillotiner ses banquiers… les Vandeniver. Ses hommes, qui ne sont plus les Tape-dur mais les Héronistes, pratiquent toujours le pillage et l'assassinat, surtout chez les nobles. Dénoncé par ses victimes, Héron a la protection de Robespierre et ne sera pas inquiété. Le 9 thermidor, lorsque Robespierre, Couthon, Saint-Just seront arrêtés dans la salle de la Convention, Héron et ses hommes seront arrêtés aussi et transférés à l'Hôtel de Brionne, siège du Comité de sûreté générale (v. 1er arr, rue de Rivoli). Les membres du Comité, bien contents d'avoir sauvé leur tête, garderont avec zèle leurs anciens maîtres au point qu'Hanriot, qui tentera de les délivrer avec une petite troupe, se retrouvera enfermé avec eux… alors que sa troupe s'est enfuie. Héron sera finalement emprisonné le 15 thermidor.

(dessin X, DR)