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Tortures à la Conciergerie.

3 Quai de l'Horloge Paris

A la Conciergerie du palais de justice, prison depuis les années 1400, au rez-de-chaussée et au sous-sol des locaux du tribunal de Paris et de la Cour de cassation, où l'on veille jalousement au respect des droits de l'homme, des dizaines de prisonniers, présumés hostiles à la Révolution, ont été massacrés le 3 septembre 1792 à coups de sabres et de piques. Des gardes-suisses capturés aux Tuileries le 10 août (v. jardin des Tuileries), des nobles ou des condamnés de droit commun. Hillairet met cependant en doute ces massacres, et pas une minute n'a été consacrée en 1989, lors des fêtes du bicentenaire de la Révolution, à la commémoration de ces tueries de prisonniers. Les mêmes faits se sont déroulés au Couvent des Carmes et à la Salpêtrière (v. 13è arr, bd de l'Hôpital), ainsi qu'au Châtelet, à la prison de la Force, à la prison de l'Abbaye et dans la Tour Saint-Bernard, aujourd'hui démolis . La tour Saint-Bernard servait de prison sur la rive gauche, à proximité‚ du pont de la Tournelle.

Les massacres de septembre 1792 n'étaient cependant pas destinés aux détenus du Châtelet qui n'étaient pas des "suspects" mais des prisonniers de droit commun. Ceux-ci espéraient même être libérés dans l'agitation mais, dans l'enthousiasme, ils furent massacrés comme les autres.

Plusieurs milliers de personnes ont été enfermées à la Conciergerie sous la Révolution. La Reine Marie-Antoinette y a été détenue du 2 août au 16 octobre 1793, privée de tout objet. Sa seule consolation était la sollicitude du petit personnel. Sa cellule a été modifiée depuis lors. L'arbre qu'elle était supposée avoir planté dans la cour a été tronçonné et supprimé en 1990 sans autre forme de procès et remplacé par un carré d'herbe. André Chénier, Charlotte Corday, Danton, Fabre-d'Eglantine notamment seraient passés par cette antichambre de la guillotine. Plus tard, le maréchal Ney y sera détenu (v. 6è arr, bd du Montparnasse). Personne n'y aurait été détenu depuis 1914.

La tour Bon-Bec, ou Bombec, a servi de salle de tortures durant des siècles. Plus de quatre mille personnes auraient été détenues sous la Terreur dans la Tour Bombec. On ne sait pas combien, auparavant, y avaient été torturées. La tour sert aujourd'hui, au premier étage, de salle de détente et de bar aux magistrats de la Cour de cassation. Au deuxième étage, c'est une bibliothèque.

 En plus de ses bureaux dans les deux autres tours, Fouquier-Tinville a installé ses appartements en mars 1793 dans les étages de la tour Bombec. Chaque matin, il détermine avec Sanson le nombre de charrettes à prévoir, avant même que les intéressés n'aient été jugés. Le 10 juin 1794, dans l'emballement de la Terreur, pour accélérer le rythme, on privera l'accusé de défenseur et on supprimera son interrogatoire préalable. Une loi concoctée par Robespierre et Couthon.

(dessin X, DR)