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La famille Tiquet rue des Saints-Pères, 1699.

8 Rue des Saints-Pères Paris

Le 8 avril 1699, entre 5h et 6h, le conseiller au Parlement de Paris Tiquet, accompagné de son valet Fouché, est agressé rue des Saints-Pères par deux individus cachés sous des chapeaux devant sa porte. Ils le frappent de cinq coups d'épée et s'enfuient en disant "Il est temps que tu meures". Claude Tiquet refuse qu'on le transporte chez lui car il ne s'entend plus avec sa femme, Angelique-Nicole Carlier, fille d'un contrôleur aux comptes. Que Saint-Simon décrit comme "galante et hardie". Le couple a dépensé la dot et elle trompe son mari depuis quelques temps avec le capitaine Gaulmin de Montgeorges, qui a logé un moment chez eux. Tiquet a obtenu une lettre de cachet contre sa femme qui s'affichait avec son amant, mais elle lui a ri au nez en la jetant au feu et il a dû, penaud, en solliciter une nouvelle sous la risée. Mais pour l'attaque du 8 avril, Angélique sera arrêtée et deux de ses employés, Moura, le portier, et Cattelain, avoueront. Le 3 juin, elle sera condamnée à avoir la tête tranchée et Moura a être pendu avant de voir, 24 heures plus tard, son corps transporté au gibet. Avant tout cela, les juges prévoiront la confiscation des biens ainsi que la question ordinaire et extraordinaire. Tiquet ne sera cependant pas content de ce verdict, exigeant aussi 250.000 livres de réparation au lieu des 100.000 accordées. Angélique sera exécutée avec Moura après avoir attendu la fin d'un violent orage qui retardait l'opération. Le bourreau devra s'y reprendre à cinq reprises avant de terminer avec un couteau... Les fenêtres de la place de Grève s'étaient louées à prix d'or.

(dessin X, DR)