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Orfèvres du pont Saint-Michel, 1672.

Pont Saint-Michel Paris Paris

Le 3 mars 1672, un commissaire du Châtelet, deux contrôleurs de l'Hôtel des Monnaies et le syndic du corps des orfèvres, accompagnés de plusieurs policiers, entreprennent une perquisition dans la principale boutique d'orfèvrerie installée sur le pont Saint-Michel, celle de Jean-Baptiste Chouquet. Après de longues recherches, ils découvrent "six faux poinçons, une cinquantaine de lingots d'argent à bas titre, une estampille contrefaite de l'Hôtel des monnaies de Paris, et divers autres instruments servant à la perpétration du crime d'alliage des métaux". A ce moment, son ouvrier Philippe Asselin se dénonce comme seul coupable. Il sera condamné à 5 ans de galères et 18.000 livres d'amende. Par la suite, Asselin s'étant montré héroïque le 28 avril 1675 lors de la prise de Messine aux Espagnols, sera gracié sur le champ par le général de Rochechouart, duc de Vivonne. Réhabilité, il s'installera comme orfèvre dans la galerie Mercière du palais de justice. En 1807, lorsque l'on détruira les maisons qui occupaient le pont, le petit bras de la Seine se trouvant presque à sec du fait de la chaleur de l'été, des enfants jouant dans les mares restantes découvriront une grande quantité de lingots d'or et d'argent et de pièces d'orfèvrerie. On en trouvera pour 600.000 francs, somme colossale. Et l'on comprendra que les orfèvres malhonnêtes jetaient en vitesse par la fenêtre leur production cachée lorsque l'on signalait une visite inattendue de contrôleurs de l'Hôtel des Monnaies ou de syndics d'orfèvrerie…

(dessin X, DR)