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Henri IV assassiné, mai 1610.

11 Rue de la Ferronnerie Paris

Le "Bon roi Henri", Henri IV, qui sort du Louvre en carrosse, est assassiné le vendredi 14 mai 1610 à 16 heures par François Ravaillac (photo), un grand rouquin barbu, rue de la Ferronnerie. En 1607, un livre d'astrologie paru en Allemagne avait prévu la mort d'Henri IV à 59 ans, mais parvenu en France, il a été saisi et brûlé par décision du Parlement de Paris. Le roi, ce jour-là, s'en va rendre visite à Sully, souffrant et cloué au lit. Lorsque le carrosse royal, ouvert et peu escorté, arrive rue de la Ferronnerie, devant le cimetière des Innocents, l'encombrement est à son comble. Car la rue, resserrée à cet endroit, est encore rétrécie par des commerces adossés au mur du cimetière. A cet instant, elle est de plus bouchée par deux grosses charrettes, l'une de vin et l'autre de foin. Les valets du roi sont partis devant pour faire débarrasser le chemin et un seul est resté près du souverain. Le carrosse est arrêté à proximité de la fontaine des Innocents, devant le numéro 11 de la rue. Mais à l'instant même où ce valet se baisse pour remonter sa jarretière, un homme met le pied sur un rayon de la roue, s'appuie sur la portière avec une main et frappe le roi d'un couteau à double tranchant qu'il vient de voler dans une auberge, en face de l'église Saint-Roch. Le premier coup, atteignant le roi près du cœur, est mortel. Ravaillac aurait frappé deux fois mais le second coup est manqué. Le roi, qui était alors tourné vers son compagnon, le duc d'Epernon, n'a pas vu venir l'assaut et ne s'est pas débattu. Son mauvais coup accompli, Ravaillac, au lieu de s'enfuir dans la surprise générale, reste là et manque d'être lynché. Mais il est protégé par le duc d'Epernon et quelques autres pour être remis à la justice. On dit que le duc de La Force, autre passager de la voiture, l'a désarmé. Le convoi royal se dégage et regagne le Louvre à bride abattue. Le lieutenant civil Le Jay et le prévôt des marchands Sanguin reçoivent l'ordre de fermer les portes de la ville et d'empêcher toute réaction populaire. Le Louvre est entouré de compagnies de gardes. Rapidement, le bruit se répand que le roi était mort. La foule défilera au Louvre durant deux semaines devant un visage de cire portant les ornements royaux. La cour du Louvre est tendue de noir. Ravaillac, ex-maître d'école, est instruit mais exalté. Le 16 mai, il est à la Conciergerie, soumis à la torture, et le 27 mai, il est exécuté. Les grandes chambres du Parlement de Paris "Tournelle et de l'Edict assemblées", dans leur arrêt du 27 mai 1610, exécuté le jour même, ont décidé : "Pour réparation (…) l'a condamné et condamne à faire amende honorable devant la principale porte de l'église de Paris, où il sera amené et conduit dans un tombereau, nu en chemise, tenant une torche ardente du poids de deux livres, dire et déclarer que malheureusement (…) il a commis ledit très méchant, très abominable et très détestable parricide et tué ledit Seigneur Roy, de deux coups de couteau dans le corps, dont il se repend, demande pardon à Dieu, au Roy et à la justice. De là conduit à la place de Grève et sur un échafaud qui y sera dressé, tenaillé aux mamelles, bras, cuisses et gras des jambes. Sa main droite tenant le couteau duquel a commis ledit parricide, (?) et brûlé de feu de souffre et sur les endroits où il sera tenaillé, jeté du plomb fondu, de l'huile bouillante, de la poix (…) brûlante, de la cire et souffre fondus ensemble. Ce fait, son corps tiré et démembré à quatre chevaux, ses membres et son corps consommés au feu, réduits en cendres et jetés au vent. A déclaré et déclare tous et chacun des ses biens acquis et confisqués au Roy. Ordonne que la maison où il est né sera démolie, celui à qui elle appartient préalablement indemnisé sans que sur le fonds puisse à l'avenir être fait autre bâtiment. Et que dans la quinzaine après la publication du présent arrêt à son de trompe et cri public en la ville l'Angoulême, son père et sa mère quitteront le royaume avec défense d'y revenir jamais, à peine d'être pendus et étranglés, sans autre forme ni figure de procès. A fait, et fait défense à ses frères, sœurs, oncles et autres de porter ci-après ledit nom de Ravaillac, leur enjoint de le changer en autre sur les mêmes peines… Et quant à l'exécution de Ravaillac, ordonne qu'il sera derechef appliqué à la question pour la révélation de ses complices" (v. suite pl de l'Hôtel-de-Ville).