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Attentat sur Henri IV, décembre 1594.

4 Rue de l'Oratoire Paris

A son retour de Picardie, le 27 décembre 1594, Henri IV (photo) va rendre visite à Gabrielle d'Estrées qui demeure à l'hôtel du Bouchage, à l'emplacement de l'Oratoire du Louvre, 4 rue de l'Oratoire. Au moment où le roi se baisse pour relever le sieur de Montigny et de Ragny qui le salue et s'agenouille devant lui, un jeune homme, un élève des jésuites nommé Jean Chastel, lui porte un coup de couteau qui l'atteint à la lèvre supérieure, lui fend la lèvre et lui brise une dent. Chastel, 19 ans, prend ses jambes à son cou mais est rattrapé par les gardes et avoue aussitôt son crime. Il est le fils d'un bourgeois de Paris, un marchand drapier de la rue de la Barillerie (boulevard du Palais) et il estime que son acte répond à la volonté de Dieu. Le roi lui-même, dans une lettre écrite le jour même, explique qu'il a "peu de mal". Mais traduit devant le Parlement qui haït les Jésuites et les accuse d'avoir enseigné la haine du roi, Chastel est condamné le 29 décembre à subir la peine des parricides, c'est à dire à avoir le poing droit coupé, le corps tenaillé et écartelé. Le Parlement ordonne aussi que les Jésuites soient chassés de Paris dans les trois jours et du royaume dans les quinze jours, comme corrupteurs de la jeunesse, perturbateurs et ennemis de l'Etat. Le jour-même, Chastel va subir son supplice. Tenaillé et tiré par quatre chevaux, il ne se plaint pas, estimant que tout ce qu'il endure sur terre vient en compensation de ses péchés. On en profitera pour faire le procès des jésuites qui se trouveront bannis du royaume. Les Jésuites sont chassés et deux membres de la compagnie condamnés comme complices de Chastel. Ainsi Guignard, condamné à être pendu, sera conduit le 7 janvier 1595, la corde au cou, pour faire amende honorable devant le portail de Notre-Dame, en chemise, ce qu'il refusera avec fermeté, étant innocent, puis sera exécuté place de Grève.

La maison de la famille Chastel se trouverait aujourd'hui exactement en face du palais de justice, entre l'entrée et la sortie du parking. De 1595 à 1605, s'éleva à cet emplacement "la pyramide de Jean Chastel", un petit bâtiment carré d'environ deux mètres de côté et six mètres de hauteur décoré aux armes de France et de Navarre, édifié sur un socle de trois marches et dont chaque face présentait un tableau de marbre gravé. On y lisait des textes hostiles aux jésuites et le texte de la condamnation.

(dessin X)