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Au palais du Louvre.

Place du Louvre Paris Paris

A l'avènement de François Ier, le Louvre est un château fort irrégulier, muni de tours de diverses hauteurs, reliées par des bâtiments percés de fenêtres à grilles, sans alignement, sans régularité des dimensions, grandes ou petites, larges ou étroites. La forteresse fait le pendant à la Bastille, à l'autre bout de Paris. François Ier y entreprend des travaux considérables qui dureront des décennies et l'édifice ne commencera à ressembler à ce qu'il est aujourd'hui que sous le règne d'Henri IV. Le monument ne sera terminé qu'en 1812, trois siècles après le commencement de la rénovation...

Le 17 janvier 1535, on découvre jusque sur les murs du Louvre des placards hostiles aux catholiques. On organise aussitôt des processions et l'on en profite pour s'emparer de quelques supposés huguenots qui seront condamnés à faire amende honorable sur le parvis de Notre-Dame pour demander pardon à Dieu de n'être pas catholiques, avant d'être séance tenante transportés en divers endroits de Paris pour y être brûlés vifs. Lhuillier, clerc au greffe du Châtelet, Nicolas Valleton, receveur à Nantes, Jean Lenfant, fruitier, seront ainsi brûlés à la Croix du Trahoir (v. rue Saint-Honoré) avec un raffinement nouveau. On les suspend au dessus des flammes pour qu'ils ne meurent pas trop vite, tout en les faisant retomber de temps à autres dans le brasier. Jean Dubourg, drapier rue Saint-Denis, Etienne de La Forge et  Barthélemy Milon subiront les mêmes plaisirs aux Halles ou place de Grève. Quelques jours plus tard, une maîtresse d'école nommée La Catelle sera brûlée vive rue de la Huchette alors qu'Antoine Poile, maçon, avait aussi la langue percée...

Le 26 avril 1578, une querelle oppose dans la cour du Louvre, Quélus, favori du roi Henri III et Balzac d'Entragues, attaché aux Guise. Les deux gentilshommes se retrouvent le lendemain, 27 avril, au marché aux Chevaux, sur l'emplacement du jardin des Tournelles (v. 4è arr, pl des Vosges) et se battent, chacun avec leurs seconds : Maugiron, autre mignon du roi, et Livarot du côté de Quélus, Schomberg et Riberac du côté d'Entragues. Maugiron, Ribérac et Schomberg sont tués, Quélus meurt 33 jours plus tard. Livarot restera blessé durant six semaines. Le roi, après des obsèques grandioses, fera élever des statues de marbre à Quélus et Maugiron dans l'église Saint-Paul.

A la mort du duc d'Alençon, quatrième fils d'Henri II et de Catherine de Médicis, en 1584, l'héritier de la Couronne devient Henri de Navarre. Les catholiques s'estimant en danger se rassemblent autour des Guise. Le roi, pour les rassurer, organise des confréries de Pénitents, qui revêtent un vêtement ample descendant jusqu'aux pieds, avec un capuchon percé seulement devant les yeux. Il y a des Pénitents blancs, des Pénitents noirs, des verts ou des bleus… Ils portent un grand chapelet à tête de mort à la ceinture et s'organisent en processions le soir ou la nuit, d'église en église, récitant sur un ton lugubre des litanies et des psaumes. Ces processions, regardées avec mépris par les prêtres, donnent lieu à de graves désordres. On vole et on assassine. Le roi lui-même participe au point qu'on l'appelle "Vilain Hérodes", anagramme d'Henri de Valois. Mais le roi a trouvé là un nouveau plaisir. Remplaçant son habit de pénitent par un masque, il court les rues de Paris avec ses mignons et frappe les passants à coups de bâton…

Au lendemain de l'enlèvement et de l'assassinat en novembre 1591, sur ordre du Conseil des Seize, du président Brisson et de deux conseillers au parlement supposés acquis aux protestants (v. 5ème arr, rue du Petit-Pont), les "juges" improvisés du Petit-Châtelet qui les ont condamnés à mort sont être arrêtés, conduits au Louvre et pendus à une poutre. Hameline, Emmonot, Henroux et Louchard, les plus compromis, sont ainsi exécutés alors que Launay, Cromé et Cochery ont pu s'enfuir. Dans le Palais du Louvre, en décembre 1591, Charles de Lorraine, duc de Mayenne et frère du duc de Guise, qui vient de mater la résistance de Paris soumis au Conseil des Seize, fait pendre dans la salle des Cariatides les quatre dirigeants du Conseil des Seize qui fait régner la terreur dans Paris :Nicolas Ameline, avocat au Châtelet, Louchard, Jean Aymonot, procureur au Parlement, et Barthélémy Auroux. Ils étaient aussi membres du conseil secret des Dix.

Pour clore l'affaire, on va exécuter place de Grève le 11 mars 1595 l'effigie de 26 personnes compromises dans l'assassinat du premier président Brisson et de ses deux conseillers. Dix sont condamnées à être pendues et seize à être rompues.

Après l'assassinat d'Henri IV, la reine-mère Marie de Médicis gouverne avec son favori Concino Concini, maréchal d'Ancre, objet de toutes les haines. Cela va durer sept ans. Jusqu'au 24 avril 1617, à 10 heures du matin. Au moment où il se présente à la grande porte du Louvre, Nicolas de l'Hospital, duc de Vitry, capitaine des gardes du roi Louis XIII, lui déclare qu'il a ordre du roi de l'arrêter. Profitant de la surprise, Vitry abat Concini de plusieurs coups de feu et d'épée. Louis XIII prend ainsi le pouvoir en écartant le gouvernement tyrannique de sa mère. Le corps de Concini va être pendu au Pont-Neuf, traîné dans les égouts, vendu en lambeaux, et sa femme Léonora Galigaï, qui a sur Marie de Médicis un ascendant important en plus d'avoir fait la carrière de son mari, sera accusée de sorcellerie et condamnée à mort (v. suite à la Bastille et pl du Pont-Neuf).