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Bûchers à Notre Dame.

Parvis Notre-Dame - Pl. Jean-Paul II Paris Paris

Alors que Jacques de Pavané, qui avait affiché publiquement ses opinions réformistes était brûlé vif place de Grève le 29 mars 1523, on brûlait Jean l'Hermite sur le parvis de Notre-Dame. Toutes les cloches de Paris sonnaient et la Sorbonne faisait incinérer publiquement tous les livres de Luther. Les persécutions des protestants commençaient.

En 1523, Louis de Berquin, traducteur du "Traité du souverain bien", de Luther, était emprisonné pendant que son livre était brûlé sur le parvis de Notre-Dame. Libéré par le roi, il reprit ses activités, attaqua les théologiens et finit tout de même sur le bûcher le 17 avril 1529. Dans les années 1530, l'agitation sera à son comble. On arrêtera 300 hérétiques, on brûlera des livres et des hommes devant Notre-Dame pendant que ces hérétiques mutileront les statues de la Vierge qu'ils trouvent au coin des rues. Le matin du 18 octobre 1534, une affiche sera placardée sur les murs de Paris, contre le pape. Les processions, arrestations et bûchers se multiplieront, contre l'avis du roi qui devra cependant faire preuve d'autorité (v. 5ème arr, rue Lagrange). Le 21 janvier 1535, François Ier conduira une procession expiatoire qui se terminera par la montée sur le bûcher de six protestants, sur le parvis de Notre-Dame. A l'avènement d'Henri II, la répression s'intensifiera. Le roi créera une chambre spéciale au Parlement pour juger les cas d'hérésie. Elle jugera 500 personnes en deux ans et enverra 38 protestants au bûcher. La répression sera plus forte encore avec l'avènement de François II. On brûlera en 1559 le conseiller au parlement Anne de Bourg (v. 4è arr, pl de l'Hôtel-de-Ville) qui avait seulement critiqué les exécutions de croyants.

En juin 1548, lors d'une grande fête royale en l'honneur du Dauphine Henri II, des tournois furent organisés durant un mois aux Tournelles. Après les réjouissances, vinrent les exécutions. On alluma des bûchers pour le supplice d'un grand nombre de malheureux condamnés pour hérésie. Il y eut une procession solennelle, un sermon du cardinal de Guise. Après un dîner, on brûla les hérétiques condamnés. A cet effet, des bûchers avaient été dressés au parvis Notre-Dame, devant Sainte-Catherine du Val-des-Ecoliers, place Maubert, au cimetière Saint-Jean et dans la rue Saint-Antoine, vis à vis de l'hôtel du sieur de la Roche-Pot (l'un des fils du connétable), aux fenêtres duquel étaient le roi et la cour. Parmi les suppliciés, on remarquait un ancien tailleur de la cour qui avait déclaré au roi être protestant.

Le héros de la saga "Fortune de France", de Robert Merle, est victime d'une tentative de vol de son cheval, dans les années 1570, sur le parvis de Notre-Dame, en pleine journée, ce qui lui inspire cette réflexion auprès de son valet :

- Ha ! Miroul, en plein jour ! Devant Notre-Dame ! Devant ces badauds badaudants ! Sanguienne ! Qu'est-ce donc que cette Paris tant vantée ? Un coupe-gorge ?

A la page suivante, le héros reçoit ce conseil :

- Ha ! Monsieur ! c'est miracle qu'on ne vous ait occis ! Un valet pour garder deux chevaux, y pensez-vous ! En Paris qui grouille de plus de larrons qu'il n'y a de poux sur la tête d'un moine ! Benoîte Vierge ! Ils vous voleraient le carrosse du Roi avec le Roi dedans, si les Suisses n'étaient pas là pour les rebuter !

En 1587, un Italien, Dominique Miraille, accusé de sorcellerie et d'avoir fait mourir sa femme par le poison pour en épouser une plus jeune, est pendu et brûlé sur le parvis de Notre-Dame. Il y aurait eu 30.000 sorciers dans Paris, selon les penseurs de l'époque, et le roi Henri III était accusé de ne rien faire contre eux. Cette mise à mort est donc une exception.

(dessin X)