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Parvis Notre Dame - Place Jean Paul II

Parvis Notre-Dame - Pl. Jean-Paul II Paris Paris

Selon Jacques Hillairet, la première prison de Paris était installée là où aujourd'hui se dresse la statue de Charlemagne. Mais cette première prison était très antérieure à Charlemagne. Elle datait de Lutèce et resta en service jusqu'à l'incendie de 586. On y aurait enfermé saint Denis. La prison fut ensuite transférée du côté nord de l'île (v. quai de la Corse)

Le roi Chilpéric (529-584), petit-fils de Clovis et fils de Clotaire, a succédé en 561 à son père sur le trône du royaume de Soissons. Il a épousé Frédégonde en 568, mais le comte de Tours, Leudaste, a été excommunié par les évêques lors du concile tenu en 577 à Paris dans l'église Sainte-Geneviève, pour avoir annoncé à tort ou à raison que la reine Frédégonde (545-568-597), avait des relations honteuses avec Bertrand, l'évêque de Bordeaux. Un dimanche de 583, alors que le roi Chilpéric et la reine Frédégonde sortaient de la messe de Notre-Dame, Leudaste s'était jeté aux pieds de la reine pour lui demander pardon, mais celle-ci l'avait repoussé vertement. Chassé de l'église, il était alors allé chez un orfèvre du quartier du Pont Saint-Michel pour acheter un présent à la reine. Mais les hommes de celle-ci l'avaient suivi et constatant qu'il ne s'éloignait pas, l'avaient poursuivi. Leudasté avait couru jusqu'au Petit-Pont (futur Pont-au-Change), mais ayant trébuché, avait été arrêté, assommé, jeté en prison, puis tué à coups de barre de fer sur ordre de Frédégonde.

En 1127, l'assassin du comte de Flandre Charles le Bon, à Bruges, nommé Bertholde, fut attaché sur une croix de Saint-André devant Notre-Dame, à proximité d'un chien que l'on avait rendu furieux afin qu'il le morde. Philippe-Auguste réutilisa ce supplice pour un nommé Prévot qui avait prêté un faux serment.

Le parvis de Notre-Dame est un lieu d'exécution au XIIème siècle, sous Philippe-Auguste (1165-1180-1223), bien qu'il en existe un autre, très important, place Maubert, de l'autre côté du pont...

L'évêque de Paris a pour sa part une "échelle", c'est à dire un petit pilori, devant le portail de la cathédrale, rue du Cloitre-Notre-Dame. Ravaillac (v. 1er arr, rue de la Ferronnerie), la Brinvilliers ou Damiens, comme tous les condamnés, devront venir avouer leur crime devant la foule, sur le parvis de Notre-Dame, avant de mourir.

Dans les années 1230, les serfs du Chapitre de la cathédrale n'ayant pas pu ou pas voulu payer leurs impôts, furent enfermés à la prison du cloître Notre-Dame. Au bout de quelques jours, risquant de mourir de faim, ils reçurent l'appui de la reine Blanche de Castille qui demanda aux chanoines leur libération. Mais elle ne l'obtint pas. La reine alors, appuyée par la noblesse et la bourgeoisie de Paris, se présenta en personne à la porte de la prison qu'elle frappa d'un coup de bâton afin d'assurer l'immunité de ceux qui l'enfoncèrent alors. Les prisonniers furent délivrés et la reine, à laquelle les paysans demandèrent sa protection, imposa à l'Eglise de les affranchir.

Le 17 mai 1381, le prévôt de Paris Hugues Aubriot, déjà âgé, monté sur un échafaud devant Notre-Dame, s'entendit condamner à la prison perpétuelle, devant une foule importante. Alors qu'il a fait creuser des égouts, construire des quais, bâtir la Bastille, le Châtelet, le Pont Saint-Michel et le Pont-au-Change, alors qu'il a lutté contre la prostitution (v. qq crimes particuliers) il ne bénéficie d'aucune reconnaissance. On lui reproche d'avoir fait sortir du Châtelet un prisonnier hérétique emprisonné par l'inquisiteur et surtout d'avoir fait rendre aux Juifs les enfants qu'on leur avait enlevés pour les baptiser. Il devait être libéré en 1382 par les Maillotins, c'est à dire les parisiens révoltés, armés d'un maillet, qui contestaient un nouvel impôt indirect créé en mars 1381 ; un douzième sur les denrées alimentaires (v. la justice aux Halles).

(dessin X, DR)