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La fin du Temple, septembre 1307

1.7 km

160 Rue du Temple Paris

En 1306, une brutale réévaluation de la monnaie provoqua une insurrection (v. rue Barbette) . Le roi dut chercher refuge dans la forteresse du Temple et céder aux revendications du peuple, mais vingt-huit personnes furent pendues la semaine suivante.

Le Temple s'élevait à l'emplacement du square. Avant d'être la prison de la famille royale à partir du 13 août 1792  (v. 1792), le Temple portait ce nom parce qu'il était occupé jusqu'en 1307 par l'Ordre des Templiers. Cet ordre avait été institué en 1118 par le roi de Jérusalem qui lui avait donné pour siège une maison voisine de l'ancien temple de Salomon. D'où le nom de Templiers. La mission de l'Ordre des Templiers était de défendre les pèlerins allant en Terre-Sainte, contre les attaques des infidèles. Ils devinrent célèbres, riches, ce qui finit par les corrompre, et entrèrent en relation avec "les Arabes et les infidèles". Ils s'affilièrent secrètement à ces "sectes manichéennes" et lorsque cette évolution commença à être connue, le roi Philippe le Bel décida de leur disparition en France. Le Temple, dont ils disposaient à Paris, était une ville dans la ville. Ils avaient occupé auparavant un lieu du quartier Saint-Gervais. Du 12 au 20 septembre 1307 le roi envoya dans toutes les provinces un ordre d'arrestation pour toute une liste de personnes, en exigeant qu'on ne prenne connaissance des noms que le 12 octobre pour les arrêter tous simultanément le 13. On arrêta donc ce jour-là à Paris Jacques de Molay (ou Jacques Molai), grand maître de cet ordre de moines-guerriers. Beaucoup échappèrent au roi mais leurs biens furent saisis. On parla de 2000 arrestations. Le Temple avait des murs élevés, des fossés profonds, sept grosses tours, des champs, des jardins. Le roi en personne participa à l'opération du 13 octobre 1307. En 1309 et 1310, on jugea les Templiers, puis leurs défenseurs. On dégrada les prêtres et on brûla cinquante-neuf Templiers dans la campagne, derrière l'abbaye Saint-Antoine, qui s'élevait entre les rues du Faubourg Saint-Antoine, de Charenton, et de Reuilly (v. 12è arr, Fg Saint-Antoine). Sur le bûcher, ils hurlèrent leur innocence en affirmant que leurs aveux n'avaient été extorqués que sous la torture. D'autres furent brûlés ensuite et le pape Clément V prononça l'abolition de l'Ordre au concile de Vienne (Isère) en 1311. Le pape exigea alors de décider lui-même du sort des quatre grands dignitaires de l'Ordre, dont Jacques de Molay. Ils furent condamnés à l'emprisonnement à perpétuité, ce qui déplut à Philippe le Bel, lequel, de sa propre initiative, fit exécuter immédiatement Jacques de Molay et le maître de Normandie, qui maudirent sur le bûcher les successeurs du roi jusqu'à la treizième génération (v. 1er arr, Pont-Neuf)

(dessin X, DR)