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Au palais du Louvre

1.8 km

Place du Louvre Paris Paris

La construction du premier palais du Louvre remonterait à des temps immémoriaux car les rois possédaient un château à cet endroit, au bord de la Seine, à plusieurs reprises détruit par les invasions normandes. C'est Louis le Gros, au début du XIIème siècle qui aurait entamé la construction du château entouré de murailles.

Le 5 avril 1356, le roi Jean II le Bon fait enfermer au Louvre le roi de Navarre Charles le Mauvais, qu'il a surpris au château de Rouen en train de comploter avec le dauphin et les Anglais. Plusieurs de leurs fidèles vont être exécutés séance tenante. Mais Jean II le Bon, fait prisonnier par le prince de Galles en septembre 1356 lors de la défaite de Poitiers contre les Anglais et le roi de Navarre, emprisonné au Châtelet, sera libéré le 9 novembre.

Le 22 février 1358, c'est la tentative de coup d’Etat, la trahison d'Etienne Marcel, riche drapier de 43 ans, élu prévôt des marchands de Paris aux états généraux de 1355. Etienne Marcel exerce les fonctions d'un maire et rêve d'un Paris autonome comme des villes de Flandres ou d'Italie, et réclame la participation du Tiers-Etat au pouvoir. Ce 22 février 1358, Marcel, à la tête d'une troupe de 3000 commerçants, fait assassiner dans le palais de la Cité deux conseillers du dauphin (Charles V) sous ses yeux. Le roi Jean II est captif des Anglais. Le dauphin, futur Charles V (1338-1364-1380), assure la régence. C'est le moment que choisit Marcel, le prévôt des marchands, pour tenter de soulever les bourgeois de Paris. Le 23 février 1358, il rassemble tous les corps de métiers, en armes, envahit Paris et les emmène au Louvre, le palais du Dauphin. Marcel monte jusqu'aux appartements du dauphin et lui reproche de laisser le royaume abandonné aux brigandages des soldats. Charles répond qu'il n'a pas de quoi intervenir. Le ton monte et Marcel fait tuer par ses hommes Robert de Clermont et Jean de Conflans, maréchaux de Normandie et de Champagne, et principaux conseillers du dauphin. Ceux-ci sont égorgés aux pieds du dauphin qui prie Marcel de l'épargner. Les cadavres sont traînés jusque sur la place publique. Au même moment, Renaud d'Arsy, avocat au conseil du roi et conseiller du dauphin, reconnu alors qu'il quitte le palais, est assassiné. Nicolas Le Flamand, accusé d'avoir été présent au meurtre des deux conseillers du dauphin, sera décapité en 1383. Le dauphin finira par quitter Paris et Marcel en profitera pour tenter de livrer la capitale au roi de Navarre Charles II le Mauvais, petit-fils de Louis X le Hutin (1289-1314-1316), prétendant au trône et allié des Anglais (v. suite 10è arr, Porte Saint-Denis)

Charles VI "le Bien aimé" (1368-1380-1422), devient en 1392 Charles VI "le Fou". Car, tombé de cheval en revenant d'une expédition hostile chez le duc de Bretagne et Pierre de Craon, il a rencontré, dit-on, un sorcier dans une forêt du Mans qui lui a jeté un sort. Ses oncles, les ducs de Berry et de Bourgogne, vont en profiter pour faire main basse sur le pouvoir. On craint cependant le roi car il a de violentes crises de démence. Il grogne, refuse de faire sa toilette, refuse qu'on le lave, refuse de changer de linge …et répand une odeur épouvantable. Trois moines augustins, qui vont essayer de le guérir par des pratiques jugées "ridicules", imputent la maladie aux sortilèges du duc d'Orléans, frère du roi. Ils seront condamnés à expier cette calomnie sur la place de Grève (v. 4è arr, rue Saint-Antoine). Mais il faut dire qu'on leur reproche aussi d'avoir passé du bon temps avec diverses demoiselles, la nuit, quand ils ne soignaient pas le roi. On finira même par les accuser de sorcellerie. "Ils avaient les mains liées, dit Félibien, des mitres de papier en tête avec leurs noms et sur le dos un écriteau en parchemin ou leurs crimes étaient énoncés. On avait dressé dans la place un échafaud tendu de draps de laine, pour l'évêque de Paris et dix autres évêques, accompagnés de plusieurs ecclésiastiques. Auprès de cet échafaud, il y en avait un autre pour les deux(?) criminels. Ils n'y furent pas plus tôt montés que Giles d'Apremont, docteur en théologie, les prêcha, après avoir reçu la bénédiction de l'évêque ; il leur reprocha dans son discours leur apostasie et leurs autres crimes. Le sermon fini, l'évêque se leva et leur dit : *Puisque vous avez profané par vos actions infâmes le plus glorieux caractère de notre religion, nous vous déclarons indignes de la communion des fidèles et de toute fonction ecclésiastique*. Les prêtres de la suite de l'évêque revêtirent aussitôt ces deux malheureux de tous les ornements sacerdotaux qu'ils portaient le jour de leur ordination. Les criminels, à l'instant se mirent à genoux devant l'évêque et lui firent l'aveu de leurs crimes qui furent répétés tout haut. Il leur donna à chacun le calice à tenir, puis le retira aussitôt avec ces paroles : Nous t'ôtons le calice dans lequel tu avais coutume de consacrer le sang du Seigneur. Il fit la même chose à l'égard du livre des évangiles et des ornements, qu'il leur ôta, soit par lui-même, soit par ses officiers. Il commanda aussi qu'on leur raclât les doigts, qui furent lavés d'une liqueur préparée à cet effet. Les cérémonies de la dégradation achevée, l'évêque livra les deux(?) coupables au sergent du prévôt de Paris, qui les promena ignominieusement par les rues, en s'arrêtant à chaque carrefour pour y faire lecture publique des crimes mentionnés au procès. On les ramena ensuite en Grève, où ils eurent la tête tranchée. Leurs têtes furent mises au bout de deux lances, leurs corps en quartiers, qu'on attaché aux quatre principales portes de Paris, et le troc fut porté au gibet" (Amédée Gabourd, Histoire de Paris, Ed Gaume Frères, 1863).