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Justice à Sainte-Geneviève

61 km

Place du Panthéon Paris Paris

Au quatorzième siècle, il existait une échelle (un pilori), devant l'abbaye de Sainte-Geneviève. L'histoire a retenu qu'au milieu de nombreux délinquants, une femme maq uerelle y fut attachée au lendemain de Pâques, l'année 1301.

En mars 1463, une femme qui prétendait être Jeanne d'Arc (1412-1431), haranguait la foule d'une fenêtre, face à la cathédrale Sainte-Geneviève. Elle disait arriver d'Angleterre où elle était restée 32 ans et donnait force détails. Le discours dura ainsi jusqu'à ce que le prévôt de Paris Michel de Gaucourt, décide de l'arrêter en cernant le quartier de la Sorbonne. La dame pouvait avoir l'âge de Jeanne d'Arc, criait "mort aux Anglais", pleurait Charles VII… On l'enferma au Châtelet, on la jugea au parlement, et sur la réquisition de l'avocat du roi Eustache de Gravois, on la brûla aux Halles devant une foule considérable. Elle se serait en réalité appelée Jehanne Lespine ou Jeanne de l'Espine. Une autre folle fut brûlée à Orléans en mai 1440 pour le même fait.

La montagne Sainte-Geneviève était, à l'époque romaine, le mont Lucotitius -ou Lucotetius- aux pentes couvertes de vigne et de villas, avec à ses pieds le palais des Thermes et les arènes. Au sommet de cette colline, Clovis* créa, à la demande de Sainte-Geneviève*, une basilique dédiée à Saint Pierre et Saint Paul. Elle fut consacrée Rémy, évêque de Reims.

Clovis et Clotilde devaient être inhumés dans l'église, comme Sainte-Geneviève et comme leurs petits-fils assassinés en 526 dans le palais de la Cité. Après le décès de Clodomir, ses frères Childebert et Clotaire entendaient récupérer, en tuant ses enfants, sa part du royaume de Clovis.

La basilique, terminée en 520, se trouvait à l'emplacement de la rue Clovis, entre l'église Saint-Étienne du Mont et le lycée Henri IV. Richement ornée de mosaïques et de tapisseries, elle mesurait soixante mètres de long. A partir de 630, Saint-Éloi la fit orner de pierres et d'argenterie. L'abbaye fut détruite sous l'Empire.

Le territoire religieux, délimité par une forte muraille crénelée, se trouvait principalement à l'emplacement du Lycée Henri IV, du quart sud-est de la place du Panthéon, et ses jardins, au sud, seraient délimités par la rue d'Ulm, la rue de l'Estrapade et la rue Thouin.

(dessin X, DR)