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Bavure à la Porte Maillot, 1971.

FR Paris Paris

Une quarantaine de militants d’extrême gauche, maoïstes et pro-palestiniens, manifeste devant l’ambassade de Jordanie, 80 boulevard Maurice-Barrès, à Neuilly-sur-Seine, le 23 juillet 1971. Ils se baptisent "Groupe Karameh de la Milice ouvrière internationale", du nom d'un camp palestinien attaqué par l'armée israélienne en mars 1968, en représailles à un attentat. Des cocktails Molotov sont jetés sur l’ambassade. Quelques instants plus tard, revenus vers Paris, les manifestants affrontent la police à la porte Maillot. Un cocktail Molotov est lancé sur des policiers. Ceux-ci ripostent en arrêtant l'un d'eux, un ancien élève de l'Ecole normale supérieure, ancien assistant à l'Université d'Orléans, qui a choisi de se faire embaucher comme ouvrier spécialisé chez Renault, par militantisme. Il sera d'ailleurs licencié pour ce mensonge. Le suspect se nomme Christian Riss, 27 ans. Mais dans la bagarre, il est blessé par un coup de feu tiré par le gardien de la paix Pierre Hervé. Riss est hospitalisé à l’Hôtel Dieu, inculpé de rébellion et écroué. Son dossier est confié au juge d’instruction Jean-Georges Diemer. Riss se plaint de détention arbitraire et de fausses nouvelles répandues selon lui par un communiqué de la préfecture qui le présente comme "l’un des assaillants" de l’ambassade. Le manifestant sera libéré le 14 août et condamné le 25 mai 1973 à 1.000 francs d’amende pour "infraction à la loi anti-casseurs et rébellion". Le policier Pierre Hervé est condamné à la même amende pour blessures involontaires et il doit verser 20.000 francs à Riss. 

(photo CPA)