Retour à la liste

L'attentat du métro Barbès, août 1941.

FR Paris Paris

Sur le quai du métro, le 21 août 1941, l'aspirant de la marine allemande Alfons Moser est tué de plusieurs balles dans le dos par Pierre George, dit le "colonel Fabien" (photo). C'est le début d'une vive répression allemande. Le lendemain, Jean-Pierre Ingrand, délégué du ministre de l'Intérieur à Paris, est convoqué par les autorités d'occupation. On lui explique qu'Hitler lui-même exige des représailles sévères, que 50 otages seront pendus dès le lendemain place de la Concorde et que les corps y resteront plusieurs jours, à moins et le gouvernement de Vichy ne crée un tribunal extraordinaire qui devra prononcer six condamnations à mort, lesquelles devront être exécutées avant même les obsèques de Moser, le 28 août. Le gouvernement va obéir. Le ministre de l'Intérieur Pierre Pucheu va faire publier le 24 août au Journal Officiel la création de la section spéciale de la cour d'appel de Paris. Elle aura pour tâche de condamner à mort des résistants emprisonnés afin d'éviter des représailles de plus grande ampleur et aveugles sur la population civile. Le gouvernement français pense devoir entrer un peu plus dans cette spirale sans fin ; accepter tout pour éviter pire. C'est aussi le début du couvre-feu qui interdit désormais la circulation de 21 heures à 5 heures. Le 1er décembre, un attentat dans un restaurant du 18ème provoquera la mort de deux soldats allemands. Le couvre-feu sera alors avancé à 17h30 au bas de la Butte Montmartre, près du boulevard de Rochechouart, là où sont rassemblés cafés et cinémas. Ces derniers devront fermer. Les stations de métro aussi. Il sera interdit d'ouvrir les fenêtres. Il sera interdit aussi de se diriger vers ce quartier. Après un nouvel attentat, en décembre, dans le 10ème, le périmètre du couvre-feu sera élargi jusqu'aux grands boulevards.

(photo X, DR)