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Attentat contre le Chah, août 1900.

105 Avenue de Malakoff Paris

Le Chah de Perse, Mozaffer ed Dine, (dont on écrit parfois le nom Mouzaffer-et-Dine ou Mouzzafar-e-Din), est en visite à Paris au début du mois d'août 1900. Il vient visiter l'exposition universelle après avoir pris les eaux à Contrexéville. Le 3 août, vers 9 heures du matin, le chef d'Etat sort de l'Hôtel des Souverains, 105 avenue de Malakoff pour se rendre au Bois de Boulogne. Il monte en voiture, une calèche, accompagné du Grand Vizir Mahmoud Kahn. A l'instant même où la Garde rend les honneurs, où les agents montent sur leurs bicyclettes, alors que la voiture n'a pas fait vingt mètres, un individu saute sur le marchepied, braque un revolver sur le Chah et tire. Mais le coup ne part pas. A cet instant, le geste du tireur est interrompu par la présence d'esprit du Grand Vizir qui détourne sa main. La police maîtrise l'agresseur. Le Chah se lève alors pour montrer à la foule présente qu'il n'est pas blessé, et la voiture reprend sa route. On emmène l'agresseur au commissariat de la rue Mesnil. Voici le récit qu'en fait l'Almanach Vermot en 1901 : "A 9h du matin, le souverain âgé de 46 ans, héritier de son père assassiné quatre ans plus tôt, quittait le Palais des Souverains au milieu des vivats de la foule. La voiture n'avait pas franchi une vingtaine de mètres lorsqu'un jeune homme vêtu en ouvrier bouscula les gardiens de la paix et sauta d'un bond sur le marchepied du landau. Il tenait à la main un revolver qu'il braqua sur la poitrine du shah. Le Shah, repoussa la main du misérable. A cet instant, le grand vizir saisissait le poignet de l'assassin si vigoureusement que l'arme tomba sur le sol. Un inspecteur de la Sûreté saisissait de son côté l'individu à bras le corps et le renversait sous lui, le mettant définitivement dans l'impossibilité de nuire". Le Shah va continuer sa promenade et prolonger son séjour à Paris de quelques jours. L'agresseur est l'anarchiste François Salson qui, originaire de l'Aveyron, aurait dû être tout à fait indifférent au Chah de Perse. Il sera condamné par la cour d'assises de la Seine aux travaux forcés à perpétuité le 10 novembre 1900.

(dessin Petit Journal)