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L'attentat de la rue Marbeuf, 1982.

33 Rue Marbeuf Paris

Une Opel Kadett louée à l'agence Hertz de l'aéroport de Bernik (Yougoslavie), explose devant le 33 rue Marbeuf, sous les fenêtres du journal Al Watan Al Arabi, le 22 avril 1982. Une femme est tuée, 63 personnes sont blessées. C'est une intimidation car l'après-midi même, le tribunal correctionnel de Paris doit juger Magdalena Kopp et Bruno Bréguet, des amis de Carlos (photo) arrêtés depuis quelques semaines (v. av George V). Le 1er mars, on avait découvert dans la boîte à lettres de l'ambassade de France à La Haye une lettre du terroriste Carlos, qui ne s'était plus manifesté en France depuis sept ans. Depuis que, le 27 juin 1975, pour échapper à une arrestation, il avait tué rue Toullier, à Paris, (5ème arr), deux policiers de la DST. La lettre était polie :"Nous ne sommes pas en guerre contre la France, nos militants ne projetaient pas d'attentat en France", mais ferme : "nous exigeons leur libération dans un délai de 30 jours". Le ministre de l'Intérieur Gaston Defferre reconnaîtra avoir pris "cette menace très au sérieux", d'autant qu'il s'agissait "certainement" de gens importants pour que Carlos soit intervenu aussi directement en leur faveur. Les craintes du ministre étaient justifiées : le soir du 29 mars 1982, à l'expiration de l'ultimatum, une bombe a explosé dans le "Capitole", le train Paris-Toulouse, à la hauteur d'Ambazac (Haute-Vienne), faisant cinq morts. Ultime intimidation, le 22 avril 1982, jour du procès de Kopp et Bréguet, Carlos commet l'attentat de la rue Marbeuf. Magdalena Kopp est condamnée à 4 ans d'emprisonnement et Bruno Bréguet à 5 ans. Carlos aurait reproché au journal d'avoir modifié une interview, lui faisant dire qu'il était responsable de l'attentat du drugstore Saint-Germain en 1974. Le dossier sera rouvert le 15 août 1994, lorsque Carlos sera arrêté au Soudan et transféré à Paris. Le 19 décembre 1981, une bombe avait déjà été désamorcée devant la porte du journal, rue Marbeuf. Deux diplomates syriens, Mikhail Kassouha et Ali Hassan, avaient été expulsés les jours suivants. Pour l'attentat de 1982, on soupçonnera Margot Frölich, 35 ans, proche de la Fraction armée rouge (RAF), et des Cellules révolutionnaires de Carlos, mais on n'aboutira jamais à rien.

(photo X)