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Un agent de change assassiné, juin 1908.

25 Rue de la Pépinière Paris

Quelques jours après l'assassinat de la famille du peintre Steinheil, un agent de change nommé Rémy, est assassiné chez lui, 25 rue de la Pépinière, le 7 juin 1908. Ces assassinats provoquent un grand émoi populaire. Ne serait-on plus en sécurité à Paris ? Un journal du soir écrit "qu'aujourd'hui, l'assassinat n'est plus châtié" et qu'"il est temps de guillotiner, et hâtivement". La Gazette des Tribunaux estime seulement "que l'audace des pires malfaiteurs est devenue telle que la situation actuelle ne saurait se prolonger". Le 12 juin, Georges Berry, député de la Seine, interpelle le ministre de la Justice sur la façon dont opère la Commission des grâces. Mais Aristide Briand ne veut pas répondre. Le 14 juin, Berry explique que les exécutions ne sont jamais effectuées et que ces grâces systématiques du président Fallières sont contraires à la loi. "L'anarchie n'est pas un système de gouvernement", dit-il. Auguste Rémy, 78 ans, a été trouvé mort chez lui, à 8 heures du matin, le dimanche de Pentecôte 7 juin 1908. Il est ancien remisier d'agent de change. Le crime a soulevé une émotion considérable. Le 26 juin, on a arrêté le maître d'hôtel, Renard, 47 ans, et le valet de pied, Courtois, 19 ans (photo). Renard nie, Courtois l'accuse de la conception du crime et du rôle principal. La foule est considérable à l'audience de la cour d'assises, le 4 février 1909. La victime avait fait construire son hôtel particulier en 1871 et vivait avec sa femme, de 20 ans sa cadette, son fils et deux neveux. Renard est marié à la femme de chambre. Rémy le détestait, mais Mme Rémy le protégeait. Rémy notamment, ne voulait plus voir chez lui la fillette des Renard. Renard avait alors pensé devenir concierge du Château de Sancerre, avant de renoncer. Car il avait des relations homosexuelles avec Léon Raingo, petit-neveu de Rémy, ce que l'on savait, chez les domestiques. La veille de la Pentecôte, les enfants étant partis à la campagne, Renard et Courtois (photo) ont voulu voler l'argent et les bijoux. Mais finalement, Renard a pris des couteaux de cuisine et a tué Rémy dans son lit, dans son sommeil, à l'issue d'une courte lutte. Le matin, Renard apportant innocemment le petit-déjeuner, a "découvert" les faits et appelé au secours. Mais il en a trop dit, décrivant des choses qu'il n'était pas censé avoir vues. Il sera condamné aux travaux forcés à perpétuité le 10 février 1909, ce qui est inespéré à l'époque pour un domestique voleur et assassin. Courtois sera condamné à 20 ans de travaux forcés. Renard partira pour la Guyane dans un chargement de 400 forçats, à bord de La Loire, le 9 juillet 1910 à Saint-Martin-de-Ré.

(lire "100 crimes à Paris", Olivier Richou et Michel Martin-Roland, Ed l'Opportun 2015).

(photo Rol)