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Communistes en Haute-Cour, mai 1923.

15 Rue de Vaugirard Paris

Mai 1923, le Sénat réuni en Haute-Cour de Justice, juge Marcel Cachin (photo), député SFIO qui a choisi la ligne communiste avec Louis-Oscar Frossard au congrès de Tours de 1920. On lui reproche justement d'être trop près de la "Russie des soviets", comme on dit à l'époque, et on le juge, avec les dirigeants de la CGTU, syndicat communiste, pour "attentats à la sûreté intérieure et extérieure de l'Etat". Le procureur général Paul Lescouvé leur reproche d'être aux ordres de Moscou, d'être directement aux ordres d'organisations russes. C'est le cas du PC, de la CGTU, et des Jeunesses communistes. Ainsi leur reproche-t-on d'avoir appelé à lutter violemment contre le Traité de Versailles et l'occupation de la Rhénanie. On juge Gaston Monmousseau, Georges Maranne, Henri Gourdeaux, Charles Pietri, Albert Treint, Joseph Lartigue, Antoine Cazals, Joseph Jacob, Jules Massot, Pierre Sémard, Louis Keim, Charles Hueber, Marcel Cachin, Marius Paquereaux, Henri Delfosse, Pierre Provost, Marie Guillot, etc... Un seul est détenu, Gabriel Péri, pour ses articles dans Le Conscrit. Tous se voient reprocher d'avoir voulu changer le gouvernement de la France. Mais la Haute-Cour se déclare incompétente. L'affaire est si politique que le ministre de la Justice Maurice Colrat, et derrière lui le gouvernement de Poincaré tout entier, présentent leur démission. Alexandre Millerand, président de la République, refuse. L'affaire est terminée.

(photo X)