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Des ministres en Haute-Cour, 1918.

15 Rue de Vaugirard Paris

Le Sénat, réuni en Haute-Cour, juge le 16 juillet 1918 l'ancien ministre de l'Intérieur Jean-Louis Malvy (photo), accusé d'avoir renseigné l'ennemi sur le projet de l'offensive française du Chemin des Dames (Aisne), qui s'est soldée en avril 1917 par un échec cuisant. Les Allemands avaient en effet eu vent du projet et préparé leur défense. L'offensive du Chemin des Dames a été décidée par le général en chef des armées françaises Robert Nivelle, récemment nommé en remplacement de Joffre. Le projet est soutenu par Clemenceau mais déconseillé par son second, le général Pétain. La catastrophe du Chemin des Dames a entraîné, outre le début des mutineries de 1917, le limogeage immédiat du général Robert Nivelle, commandant en chef des armées françaises, et son remplacement par le général Pétain. La chambre des députés a voté la mise en accusation de Malvy le 23 novembre 1917. "Vous direz que dans ce pays épris de justice, on sait frapper sans faiblesse et sans distinction les grands comme les petits", dit dans son réquisitoire le Procureur-général Pierre Mérillon. Malvy sera condamné à 5 ans de bannissement le 6 août 1918.

Quelques semaines plus tard, le 29 août 1918, le Sénat juge Joseph Caillaux, ex-ministre des Finances et député de la Sarthe, accusé d'avoir eu des relations avec des agents allemands, avec le Bonnet rouge (v. rue du Cherche-Midi) et avec Paul-Marie Bolo (v. rue Bonaparte). Caillaux sera condamné le 23 avril 1920 à 3 ans d'emprisonnement, 10 ans de privation de ses droits civiques et 5 ans d'interdiction de séjour. Il partira en Espagne, sera réélu à son retour et sera de nouveau ministre en 1928.