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Bolo l'espion, 1918.

31 Rue Bonaparte Paris

Paul-Marie Bolo, l'un des plus célèbres espions de la guerre 1914-1918, demeure 31 rue Bonaparte. Auparavant, Bolo a vécu rue Chaptal (9ème arr). L'affaire Bolo a occupé d'innombrables pages de journaux pendant la guerre. Elle finit par le procès de Bolo, le 7 janvier 1918, devant le conseil de guerre de Paris et, au terme d'une semaine d'audiences, par la condamnation à mort de l'espion, le 14 avril 1918. Bolo est accusé d'avoir tenté d'acheter deux grands journaux, Le Figaro et l'Information, et peut-être même Le Journal dirigé par Charles Humbert. Il aurait fait cela pour le compte des Allemands et avec de l'argent allemand, afin que leurs colonnes s’ouvrent aux discours allemands, de nature à démoraliser les Français dans la guerre. La Deutsche Bank lui aurait versé pour cela 1,6 million de dollars en septembre 1917, par divers intermédiaires. Bolo serait d'ailleurs en relation avec un agent de la propagande allemande à New-York, un certain Pavenstedt, et avec deux autres agents allemands que sont Abbas Hilmid et Youssouf Saddik Pacha. Bolo comparaît avec Philippe Cavallini et Darius Porchère. Eux sont accusés d'espionnage depuis 1915. On entend au procès le témoignage de l'ancien ministre Joseph Caillaux, que l’on soupçonne d’avoir participé à l’opération et qui, pour cela, pour "correspondance avec des sujets d’une puissance ennemie" sera condamné en 1920 par la Haute Cour de justice, à 3 ans de prison et 10 ans d’inéligibilité. Pierre Lenoir, actionnaire du Journal, sera pour sa part fusillé alors que le patron, Humbert, sera acquitté. Bolo, porteur d'un collier de brillants autour du cou, a été l'agent financier du khédive Abbas Hilmid en 1914, mais il a un long passé d'escroc derrière lui, jusqu'en Argentine où il s'est rendu en 1904. Bolo sera fusillé le 17 avril 1918.

(photo Rol)