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Agitations à la Concorde.

Paris Paris Île-de-France

Le 19 octobre 1900, la première ligne de métro de Paris n'est inaugurée que depuis trois mois lorsqu'un accident à la station Concorde fait 19 blessés.

M. Mezeretti, employé de la Société Générale, syndicaliste convaincu, a "pris sa journée" le 1er mai 1911, pour régler, dit-il, des affaires de famille. En réalité, il s'en va à la manifestation de la place de la Concorde. Mais comme souvent, la manifestation finit mal. Au moment où les cuirassiers refoulent les manifestants vers le Cours-la-Reine, il tire sur l'un d'eux. Vu par un autre, il est arrêté. Il prétendra avoir tiré en l'air pour effrayer les chevaux, mais on ne le croit pas car les soldats disent le contraire. De plus, il transportait sur lui un nerf de bœuf, un exemplaire de l'Humanité et un exemplaire de la Bataille syndicaliste. Tout ceci lui vaudra 6 mois d'emprisonnement prononcés le 23 mai 1911 par le tribunal.

Le 6 février 1934, la place de la Concorde est le théâtre de fameuses émeutes. A tort ou à raison, une partie du peuple a l'impression que ses gouvernants se remplissent les poches. Cette fraction de la population est représentée par les mouvements comme l'Action française, les Jeunesses patriotes et les Croix de Feu du colonel de La Roque, que l'on appelle les "Ligues patriotiques". Eloignées du fascisme italien, elles réclament cependant un régime plus fort, par hostilité aux politiciens. Mais elle s'opposent à l'Association républicaine des anciens combattants, qui soutient le régime. L'affaire Stavisky, financier douteux qui a fréquenté les allées du pouvoir et que l'on a trouvé mort le jour de son arrestation, a mis le feu aux poudres et provoqué les émeutes. Les manifestants veulent prendre d'assaut la Chambre des députés et jeter ceux-ci dans la Seine comme on jetait dans la Seine les partisans de Charles X au lendemain des Trois glorieuses. Le colonel de La Rocque, président de la Ligue des Croix de Feu, a le pouvoir à portée de main. Mais La Rocque n'est pas un fasciste, c'est un républicain. Il renonce sans le dire au coup d'Etat. Il entraîne ses troupes dans une marche, aux alentours du Palais Bourbon, en prenant bien soin d'éviter un assaut de la Chambre. Le gouvernement de Daladier répond cependant par la violence. Il tire dans la foule. Dans les jours suivants, les émeutes se transporteront sur les grands boulevards (2ème arr). Le 19 juin 1936, les ligues Croix de Feu, Jeunesses patriotes, Solidarité française et Francistes, seront dissoutes.

(dessin Cham 1818-1879)