Retour à la liste

Bagarres à l'Assemblée.

126 Rue de l'Université Paris

Le 10 février 1903, le Bureau de la Chambre des députés autorise les poursuites contre Auguste-Robert Selle, député socialiste du Nord, poursuivi pour voie de fait sur son collègue Joseph Lasies, élu du Gers.

Dix-huit mois plus tard, le 4 novembre 1904, le député nationaliste antidreyfusard Gabriel Syveton (photo) gifle à la Chambre des députés le général André, ministre de la guerre du cabinet Combes. Le chahut déclenché est énorme. La séance doit être levée par le président Henri Brisson car Syveton refuse de quitter la séance. Il reproche au général d'avoir fiché et "républicanisé" les cadres de l'armée (v. rue Saint-Dominique). Le lendemain, l'immunité de l'agresseur est levée et son procès devant la cour d'assises fixé au 9 décembre 1904. Mais on le retrouvera mort chez lui, 20 bis avenue de Neuilly, quatre jours avant l'audience. Un journal sur la tête, il a le tuyau du radiateur à gaz dans la bouche. Henri Rochefort (le marquis de Rochefort-Luçay), militant d'extrême gauche, criera à l'assassin dans l'Intransigeant alors qu'Edouard Drumont, dans la Libre parole, parle "d'assassinat maçonnique". Les partisans du suicide lui découvriront des affaires d'alcôve et des détournements d'argent comme trésorier de la Patrie française, mais on n'en saura jamais rien.

(photo X)