Retour à la liste

La prison de la Roquette.

143 Rue de la Roquette Paris

La prison de la Roquette était en réalité constituée de deux établissements: la "Petite Roquette", au 143 rue de la Roquette, ouverte en 1830, pour les jeunes délinquants, et la "Grande Roquette", au 168 inaugurée en 1836 pour les condamnés au bagne ou à la guillotine. On l'appelait d'ailleurs, à ses débuts, le "dépôt des condamnés".

Les deux établissements avaient été bâtis sur le domaine du couvent des Hospitalières de la Roquette, fermé comme les autres sous la Révolution.

La prison des jeunes est devenue une prison pour femmes en 1920, en remplacement de la prison Saint-Lazare, et a été démolie en 1974. Il ne reste que le porche d'entrée, restauré en 2008, qui sert désormais d'entrée au square de la Roquette.

La Grande Roquette, qui faisait face à la Petite Roquette, avait paradoxalement une surface moindre. Elle a été démolie en 1899 et les prisonniers ont été transférés à la Santé, construite en 1867.

La Petite Roquette avait pour limites la rue Duranti au nord, la rue Servan à l'ouest et la rue Merlin à l'est. La Grande Roquette s'insérait dans le quadrilatère dessiné par la rue Gerbier à l'est, la rue de la Folie-Régnault au sud et la rue de la Vacquerie à l'ouest.

Sa porte principale s'ouvrait en face du porche de la Petite Roquette, à l'emplacement de la rue de la Croix-Faubin qui, aujourd'hui traverserait la prison. Elle était située un peu en retrait des façades actuelles du 164 ou du 168 rue de la Roquette et dans cet espace demeuré libre, appelé "place de la Roquette", on dressait la guillotine en cas de nécessité. Au débouché de la rue de la Croix-Faubin, il reste les cinq pierres plates destinées à supporter cet instrument qui était habituellement remisé dans un hangar à deux pas de là, 60 bis rue de la Folie-Régnault.

Les exécutions capitales ont eu lieu à cet endroit de 1851 à 1899.

Le 24 mai 1871, avant d'organiser l'incendie de la préfecture de police et du palais de justice puis d'être lui-même fusillé à la Sorbonne, l'un des dirigeants de la Commune de Paris, Raoul Rigault, faisait fusiller à la Roquette le Premier président de la Cour de cassation Bertrand Bonjean, l'archevêque de Paris Mgr Darboy et quatre autres prêtres emprisonnés comme otages.

Dès sa construction, c'est de cette prison modèle que sont parties les chaînes de forçats pour Brest ou pour Toulon. Elles partaient jusqu'à lors de la prison de Bicêtre qui a d'ailleurs été abandonnée à l'ouverture de la Roquette. Les condamnés à des peines de plus de douze ans de travaux forcés partaient pour Brest, les autres pour Toulon, attachés à la chaîne par une manille à la cheville. Ils ne voyageront en fourgons cellulaires qu'à partir de juin 1837.

À la Roquette, les condamnés à mort n'étaient plus logés dans des cachots mais dans des cellules claires et aérées, au deuxième étage, qui se distinguaient des autres par une cloison percée d'une fenêtre, et par une porte elle-même percée d'un vasistas pour que deux gardiens, de chaque côté, veillent constamment sur le prisonnier.