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La prison de La Force.

2 Rue du Roi de Sicile Paris

La prison de La Force, démolie en 1845, devait son nom à Jacques de Caumont, duc de La Force, qui avait été, jusqu'en 1715, propriétaire de l'immeuble bâti en 1559, après l'avoir reçu dans la dot de sa femme en 1698.

On entrait à l'hôtel de La Force par le numéro 2, rue du Roi-de-Sicile. À l'ouest, l'hôtel bordait la rue Pavée, du numéro 12 au numéro 20. À l'est, une rangée d'immeubles le séparait de la rue de Sévigné. La rue Mahler n'existant pas encore, la prison occupait une grande partie du pâté de maisons situé entre la rue des Francs-Bourgeois, la rue Pavée et la rue de Sévigné.

L'hôtel avait été bâti en 1265 et, jusqu'au duc de La Force, avait connu de nombreux propriétaires.

C'était une riche demeure avec de nombreuses cours et des bâtiments très vastes qui permirent d'y donner de grandes fêtes.

En 1715, il fut acheté par les quatre frères Pâris, des financiers originaires du Dauphiné. Revendu à l'État en 1754 pour devenir une école militaire, il devint finalement un établissement fiscal puis une prison en 1780. On venait de supprimer la prison du Fort-l'Évêque, quelques années après la prison de l'Abbaye. Toutefois, les premiers prisonniers n'arrivèrent qu'en 1782. Ce fut d'abord une prison pour dettes, réputée plus confortable que les prisons criminelles.

En 1785, une nouvelle prison, plus petite, mitoyenne, fut ouverte au 22 rue Pavée. La "Petite Force", pour les prostituées. Elle remplaçait la prison de la rue Saint-Martin. La prison des mauvais payeurs, rue du Roi-de-Sicile, devint alors la "Grande Force".

C'était une grande bâtisse sombre avec une fenêtre tous les trois mètres, sur trois étages. Elle comptait huit cours et six quartiers. Il y avait la cour des Poules, la cour des Mômes, la cour Sainte-Marie, la cour Sainte-Anne... L'un des quartiers était réservé au personnel, l'autre aux débiteurs civils qui disposaient d'une vaste cour avec des arbres, un troisième pour les femmes, également avec des arbres, un autre encore aux mendiants.

Cette répartition fut abandonnée dans le désordre des détentions arbitraires de la Révolution.

Les cellules comptaient jusqu'à quatre lits mais on pouvait aussi être seul. Certaines avaient des cheminées. La prison comprenait un réfectoire, une infirmerie et deux chapelles.

Après le saccage des Tuileries* le 10 août 1792, la prison devint mixte. On y enferma les aristocrates, les proches du roi et les serviteurs de la famille royale. On y enferma notamment Marie-Thérèse de Savoie-Carignan, princesse de Lamballe, 43 ans, qualifiée de "conseillère de l'Autrichienne" qui fut mise à mort devant la porte de la prison le 3 septembre 1792.

La seule trace actuelle des prisons de La Force, remplacées en 1850 par la prison de Mazas, est un pan de mur visible dans la rue Malher.