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L'abbaye Saint-Magloire.

66 Rue Saint-Denis Paris

Les prêtres qui desservaient l'église Saint-Barthélemy, en face du palais de la Cité, disposaient aussi rue Saint-Denis de l'oratoire Saint-Georges, entouré d'un important terrain, auquel ils donnèrent le nom de Saint-Magloire lorsque les reliques de ce saint furent apportées de Bretagne pour les soustraire aux invasions normandes, en 963 ou 965.

Le danger passé, le duc Hugues Capet refusa de rendre les reliques et fit agrandir l'oratoire. Il fit bâtir un monastère qui fut placé sous la règle de saint Benoît et devint très important. Les religieux de Saint-Barthélemy s'y retirèrent en 1138.

Le monastère, qui prit le titre d'abbaye, s'étendait entre la rue aux Ours au nord, la rue Aubry-le-Boucher au sud, la rue Quincampoix à l'est et la rue Saint-Denis à l'ouest.

En 1572, les moines de Saint-Magloire furent transférés à l'hôpital Saint-Jacques du Haut-Pas, au faubourg Saint-Jacques.

Les Filles-Pénitentes, qui occupaient l'hôtel de Soissons, à l'emplacement de la bourse de commerce, furent installées à leur place, car la reine voulait récupérer l'hôtel de Soissons pour en faire un palais. Elles prirent le nom de Saint-Magloire.

Dans l'église, était inhumé André Blondel, seigneur de Roquemont, contrôleur des Finances sous Henri II. Sur son tombeau, un bas-relief en bronze du sculpteur Paul Ponce Trebatti, du seizième siècle, le représentait debout (aujourd'hui au Louvre).

Le monastère disparut en 1620 alors qu'il ne comptait plus que onze moines bénédictins, lorsque le cardinal de Retz attribua les bâtiments aux prêtres de l'Oratoire. Ces constructions furent démolies sous la Révolution.

(photo d'illustration)