pariscriminel

Petite chronologie mélangée du XIXè:

Dans la première moitié du XIXème siècle, le crime hante tous les lieux de Paris ; les barrières où s'activent les bandits de grands chemins, les quartiers du centre où la croissance désordonnée de la capitale enchevêtre ruelles, passages, cours et culs de sac, juxtaposant un paysage de zones d'ombre et de lumière, les rues ensoleillées et les cloaques, les maisons bourgeoises et les taudis. Partout, les coins et recoins favorables aux agressions de nuit et de jour sont multipliés. Pour risquer sa vie ou seulement sa bourse, il n'est pas nécessaire de hanter les environs de la place Maubert ou de la Cité ni les sinistres boulevards qui bordent le Faubourg Saint-Jacques ou le Faubourg Saint-Marcel [1].

On tue avec ce que l'on a et bon nombre de Français se promènent encore avec une arme. Au début du XIXème, siècle, on égorge, car on n'a pas toujours un revolver. Le règne du revolver ne viendra que plus tard. Devant le nombre de crimes, il faudra qu'une ordonnance de police de 1820 interdise la fabrication et le port à Paris de stylets, poignards, couteaux, dagues et cannes-épées [2].

De plus, les passages de Paris se sont multipliés dans les années 1825. Ils sont devenus les quartiers généraux des filous et des pickpockets du fait de l'obscurité. On y pratique beaucoup le vol à l'étalage.

La peur du crime est constante. Elle atteindra une grande intensité durant l'hiver 1826-1827, lorsque les crimes paraîtront se multiplier parce qu'apparaîtront des journaux de faits divers [1].

Le 7 décembre 1825 la presse annonce une innovation policière : Les rues de Paris seront désormais surveillées la nuit par des hommes en civil. "En bourgeois", dit-on. Mais sous la Restauration, ils ne sont que 200 à 300 hommes pour surveiller Paris la nuit, alors que la population compte 700.000 habitants. Depuis 1811 cependant, la création de la police de Sûreté par Vidocq permet l'inquisition et l'infiltration des milieux criminels nocturnes. En 1824, la police s'est dotée, à l'initiative du préfet Louis-Marie de Belleyme, de voitures rapides et silencieuses, les voitures Wurtz, qui transportent désormais douze policiers ou gendarmes bien armés. Les sabots des chevaux sont recouverts de cuir pour amortir les bruits et permettre la constatation des délits [2].

Au 1er mars 1817, Paris comptait 715.000 habitants environ. Dix ans plus tard, la population est de 890.000 personnes.

Le XIXème siècle est autoritaire. De ses débuts avec l'Empire, la Restauration et la Terreur Blanche, jusqu'au Second Empire, la France emploie ses policiers à traquer les adversaires politiques et à poursuivre les "factieux", les opposants, les contestataires, les râleurs, les journalistes et les éditeurs. Pour les particuliers, les préoccupations sont plutôt conjugales. On ne compte plus les vengeances de femmes abandonnées qui jettent du vitriol au visage d'une maîtresse ou de maris trompés qui provoquent un amant en duel. En 1893, les affaires d'adultère sont quotidiennes et Me Henri Robert plaide quasiment tous les jours aux assises de Paris. Toujours, la population prend partie, envahit les salles d'audience, se passionne pour des litiges qui n'intéresseront plus personne au XXème siècle.

Mais il y a aussi les crimes de toujours, les assassins, les faux monnayeurs, les brutes. Dans l'hiver 1818-1819, une mode apparaît qui consiste à piquer les fesses des femmes avec divers objets pointus… La psychose va envahir Paris et provoquer rires et peurs. Les piqueurs s'enfuient en courant et en riant des femmes empêtrées dans leurs longues toilettes à volants. Jusqu'à un jour de 1820 où un garçon tailleur de 35 ans, Auguste-Marie Bizeul, est être pris l'arme à la main et condamné par le tribunal correctionnel à 5 ans d'emprisonnement et 500 francs d'amende ! Aussitôt, la mode passe… Les femmes avaient déjà entrepris de se protéger les fesses avec des coques métalliques cachées sous leurs jupons [3]. Selon le policier Louis Canler, "la panique était si grande qu'à nuit close, on ne rencontrait pas une seule femme sur la voie publique. Le chef du bureau des mœurs avait choisi dix de ses subordonnées pour les faire promener dans les divers quartiers de la capitale ; chacune d'elles était suivie par deux agents qui étaient chargés d'arrêter celui qui les piquerait, et en même temps on faisait afficher le signalement d'un prétendu piqueur en invitant les citoyens à l'appréhender. Un mois après, le tour étant joué, il ne fut plus question de piqueurs" [4].

La police du XIXème siècle est donc marquée par la géniale invention d'Eugène-François Vidocq. Cet ex-bagnard évadé qui se prétend innocent va réussir en 1817 à racheter sa liberté en convaincant les autorités policières de déléguer leur mission à des repris de justice. Un système qui durera 15 ans, couronné de succès. Mais qui n'assure pas l'avenir de ces nouveaux policiers. Le secrétaire particulier de Vidocq, chef de la police de Sûreté, Jean-Pierre Acarry, 36 ans, sera condamné à 8 ans de réclusion criminelle et au carcan, pour vols, le 29 février 1828, par la cour d'assises de Paris.

De même, au début de mai 1830, remplacé par l'ancien bagnard Lacour, que l'on appelle familièrement "Coco-Lacour", Vidocq se retirera comme papetier à Saint-Mandé, mais connaitra des affaires peu florissantes. Il aurait même eu du mal à payer ses fournisseurs...

Nécessité faisant loi, une ordonnance royale du 26 août 1830 va remplacer la Gendarmerie royale par la Garde municipale de Paris, qui compte 1.443 hommes, dont 400 à cheval. Leur nombre va passer à plus de 2.500 en 1839, 3.200 en 1841… [2].

Au lendemain de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, qui met fin à la Restauration et au règne de Charles X, Louis-Philippe déclare que les magistrats ne prêteront plus serment à genoux devant le roi, mais debout. Un procureur général qui se prépare à s'agenouiller en sera empêché par le roi lui-même : "Ce temps est passé", lui dit le souverain.

Cependant, le début du règne de Louis-Philippe, censé être très libéral après le liberticide Charles X, est pourtant marqué par d'innombrables poursuites contre des Parisiens, accusés d'avoir poussé ici ou là des cris hostiles au roi, aux ministres ou à la Garde nationale, qui sont invariablement et régulièrement condamnés à des peines de 1 à 3 mois d'emprisonnement.

En juillet 1834, le 11 juillet, le co-gérant du journal légitimiste La Quotidienne, M. de Brian, est condamné à 2 ans d'emprisonnement et 2.000 francs d'amende par la cour d'assises, pour "excitation à la haine et au mépris du gouvernement et offense au roi", pour des articles publiés du 2 au 22 mai 1834. La cour a constaté l'absence de son avocat, mais est passée outre, bien que Me Pierre-Antoine Berryer soit député, car il n'a pas prévenu de son absence. Le pouvoir cherchait à sanctionner La Quotidienne. C'est chose faite.

Louis-Philippe, comme ses prédécesseurs, multiplie donc les procès pour "offense au roi" et encombre la cour d'assises par ce genre de poursuites qui ne sont d'ailleurs pas toujours couronnées de succès.

On saisit les journaux, aussi. Le 24 octobre 1835, La France et le Bon-Sens sont saisis. Le 5 mars 1838, le dernier numéro de La Mode est saisi. Pour offense au roi. La Mode est interdite de publication pendant deux mois et son directeur, Voillet de Saint-Philibert, condamné par la cour d'assises à un an d'emprisonnement et 20.000 francs d'amende. Du fait de la censure, aucun journal ne recopiera ce qu'il a écrit, de sorte que personne ne saura pourquoi on l'a condamné.

La justice est extraordinairement active. Le crime grave est gravement réprimé. Le 24 octobre 1828, les journalistes qui assistaient à Béziers, à l'exécution d'un condamné, parlent encore de la "hache fatale" du bourreau. On coupe encore la main des parricides, avant de leur couper la tête.

A l'inverse, le crime peut être véniel : La cour d'assises acquitte le 26 juin 1828 trois jeunes cuisiniers détenus depuis six mois pour le vol d'un poulet rôti. Leur avocat, Me de Calvimont, a plaidé que la chose était ridicule.

En ce début de XIXème siècle, le bandit est servi par une crédulité populaire extraordinaire. L'escroquerie est particulièrement facile. On arrive même à trouver dans la rue des passants qui acceptent de vous prêter un billet de banque pour quelques minutes…

En 1874 encore, un jeune homme de 22 ans qui se fait passer pour un prince va réussir à acheter pour 600.000 francs de bijoux, qu'on lui confie par respect de ses titres supposés et sur sa seule bonne mine !.

Dans la catégorie des petits filous, la cour d'assises avait à juger le 14 novembre 1826 un garçon boulanger nommé Courteboeuf, qui avait apporté un petit mot à une demoiselle Morlot, de la part d'un autre garçon boulanger nommé Chénier qui lui demandait de lui remettre dix francs, une chemise et deux mouchoirs. La demoiselle avait fait lire le billet par son père, car il savait lire, mais le père s'était étonné car Chénier lui, ne savait pas écrire. Courteboeuf avait été arrêté et condamné à un an d'emprisonnement, bien qu'il ait été défendu par Me Cauchy, frère du président de la Cour...

Dans le domaine de la vraie délinquance, on constate, à partir de 1830, le commencement des grands coups de filet policiers contre les bandes de voleurs qui se multiplient.

Pour toutes ces raisons, l'activité judiciaire est la préoccupation principale des gouvernements. Le 7 octobre 1830, la Chambre a rejeté une proposition d'abolition de la peine de mort présentée par le député Victor de Tracy mais en 1832, la loi supprime le carcan, le fer rouge, l'amputation du poignet, et introduit la notion de "circonstances atténuantes". L'exposition sur la place du Palais de justice sera abolie en avril 1848.

Mais on garde le mépris pour le prévenu. Par exemple, cet article de journal du 15 janvier 1834 : Une "pauvre vieille, fort proprement vêtue, vient s'asseoir avec une répugnance bien marquée sur le banc des prévenus. Elle gémit, soupire et sanglote (...). De son coté, une espèce de Bas-Normand, en sabots et en blouse, se déclare marchand de volailles, partie plaignante et qui plus est, partie civile" pour se plaindre d'un vol de chapon et réclamer un petit dédommagement qui l'arrangerait... La dame sera relaxée car le plaignant ne parait pas sûr de lui...

Le 31 mai 1839, un article de presse explique que "l'Auvergnat est bon enfant au fond, mais rageur en diable, surtout quand il a bu. Et il boit souvent". C'est un exemple de commentaire de presse…

Dans Paris, la pauvreté règne. Selon Vidocq, en 1837, 80.000 personnes se lèvent chaque matin dans Paris sans savoir comment elles dîneront et sous la Monarchie de Juillet, deux Parisiens sur trois ne laissent pas, en mourant, de quoi payer leur linceul [2]. Conséquence peut-être ; sur les boulevards, une véritable industrie s'est développée. On fait quêter les enfants en leur promettant "une grossière nourriture et un grabat". Ils sont répartis, en loques, dans les passages de Paris. C'est, selon le bagnard-policier, "une nouvelle traite des noirs" faite par des Savoyards. Le vol est une industrie. Et le 16 janvier 1836 le préfet de police de Paris organise des rondes de nuit pour arrêter les voleurs. Les plus mauvais lieux, outre les cabarets du boulevard du Temple ou de l'Île de la Cité, sont les quartiers de La Villette, La Chapelle, Saint-Charles, Grenelle… [5] En 1839, Belleville est la commune la plus délinquante des alentours de Paris [6].

Dans le domaine des petits litiges, le Tribunal correctionnel de Paris, le 25 février 1836, "renvoyait dos à dos", selon l'expression de la presse, MM. Fichet et Huret, inventeurs de serrures à combinaisons, qui se poursuivent mutuellement en diffamation pour avoir dénigré dans leurs publicités l'invention de l'autre…

Mais dans le même temps, chaque année, dans les premières décennies du XIXème siècle, 500 bagnards sont dirigés vers Brest, 350 vers Toulon, et 150 vers Rochefort. Un magistrat va proposer au roi en décembre 1836 de faire désormais le trajet dans des voitures fermées, afin d'éviter les regards du public, et de supprimer les chaînes. Car à l'époque, chaque forçat a un collier de fer relié à une chaîne, que l'on appelle un "cordon" et qui est attachée à une chaîne plus lourde. Chaque cordon relie une trentaine d'hommes, et une "chaîne" rassemble quatre à six cordons. Après avoir autrefois fait le voyage du bagne à pied, les condamnés voyageront désormais dos à dos, assis sur de longues charrettes, face au peuple qui les insulte.

En 1848 on décidera que les bagnards iraient en Guyane, à Saint-Laurent-du-Maroni. Les premiers partiront en 1854, jusqu'à la fermeture du bagne de la Guyane, en 1938.

Le 31 décembre 1837, les maisons de jeu sont fermées, à Paris [7].

De 1829 à 1838, 33 prêtres et 33 avocats comparaîssent devant la cour d'assises. Il y a, il est vrai à l'époque, 40.447 prêtres. Mais seulement 8.493 avocats en France.

Le 12 février 1840, le tribunal correctionnel condamne un jeune couple pour "outrage aux mœurs" parce que dans un bal public, la jeune fille se serait assise sur les genoux de son ami… Huit jours d'emprisonnement.

Le 23 mars 1840, une fournée de 125 boulangers est condamnée pour tromperie. Certains, récidivistes, vont en prison (v. aussi 2ème arr, rue Saint-Sauveur). Le 1er décembre 1840, ils seront 181 boulangers condamnés…

Le 6 février 1840, on démantèle une bande de voleurs de réverbères, dont l'activité nocturne consiste à se saisir de barreaux de fers sur des grilles, de boutons de portes, de lanternes qui pendent au bout d'une corde, afin d'aller les revendre à des brocanteurs [2]

De 1825 à 1838, selon La Gazette des Tribunaux, le nombre de condamnations à mort a suivi une courbe descendante. 134 en 1825, 150 en 1826, 109 en 1827, puis 114, 89, 92, 108, 74, 42, 25, 54, 30, 33, 44. De même pour les travaux forcés à perpétuité, passés de 283 à 198 durant ces mêmes années. Ils sont montés jusqu'à 317 en 1827 et descendus jusqu'à 127 en 1833.

En 1840, les nommés Boucher et Cornevin créent un journal mensuel qui va leur valoir de nombreuses condamnations à des peines d'emprisonnement pour diffamation. Ils publient principalement la liste des mauvais payeurs, pour signaler aux commerçants de détail de Paris les gens qui achètent à crédit et oublient… On s'abonne pour 12 francs par an. Il y a les noms et adresses, le signalement, ainsi quelquefois qu'une courte biographie. Par exemple :"M. D… très grand, très beau, belles moustaches, brun. M. P… homme d'affaires, gros, courtaud, brun, borgne. M. B… Médecin, frisé, extrêmement insinuant. M. C… anglais, maigre et blond, jambes fines et mollets de coq. Mme la baronne de L…, grosse, châtaine, tenant un petit chien en laisse. Mme R… grande maigre avec des dents artificielles… etc… grands pieds". Ils seront notamment condamnés à 8 jours d'emprisonnement et 200 francs d'amende le 29 avril 1840, puis à 6 mois d'emprisonnement, 200 francs d'amende, 3.000 francs de dommages-intérêts, le 8 juillet 1840.

En 1840, 8.226 personnes sont jugées par des cours d'assises, soit une personne pour 4.077 habitants. Sur les 6.004 dossiers criminels ainsi jugés, 1.622 sont des crimes contres les personnes et 4.382 des crimes contre les propriétés. 1.411 accusés sont des femmes, 6.815 des hommes, 2.450 seront acquittés et 51 condamnés à mort [8].

Pendant ce temps, le 21 août 1840, Henri Sanson, exécuteur des arrêts criminels du département de la Seine, meurt à 73 ans.

Le 11 juin 1842, à une barrière de Paris où règnent les gabelous, on arrête une charrette à bras qui supporte quatre caisses à l'odeur nauséabonde. Les commissionnaires affirment qu'il s'agit du savon de toilette de M. Libermann. Mais le produit, expertisé par Gabriel Gay-Lussac en personne, se révèle être composé à 50% d'alcool, à 26% d'eau et 24% de matière résineuse. Or il est très facile de séparer les trois… Le tribunal correctionnel condamnera ces fraudeurs le 15 juillet 1842 à 200 francs d'amende [9].

Le même jour, après un très long procès, le tribunal correctionnel relaxe plusieurs dizaines des 150 marchands de bois de Paris, qui fournissent les 850.000 stères destinés à chauffer la population. Ils sont poursuivis pour entrave à la libre concurrence et ententes illicites.

On juge toujours de nombreuses affaires d'adultère qui se terminent invariablement par une condamnation à 3 ou 6 mois d'emprisonnement. La peine du coupable peut aller jusqu'à un an, exceptionnellement. Le 30 septembre 1843, l'adultère d'une dame Pichon avec son charcutier inspire le commentaire réprobateur d'un journaliste : "Un garçon charcutier à l'épaisse encolure, aux larges épaules, au jarret nerveux, est prévenu du délit d'adultère (…). Il paraît aussi épais au moral qu'au physique. La dame avec laquelle il a commis le péché est sa bourgeoise, rien que cela. La dame Pichon a 27 ans et elle paraît aussi fine, aussi déliée, que son complice est lourd et opaque". On se moque à l'occasion de la "gracieuse profession du prévenu", qui se nomme Véruelle et a lui aussi 27 ans.  La dame Pichon sera condamnée à 1 an d'emprisonnement.

Après les commentaires sur l'"espèce de Bas-Normand", sur l'Auvergnat buveur, sur les mauvais payeurs et le garçon charcutier, un chroniqueur judiciaire écrit, le 25 juillet 1844 : "C'est un maçon nommé Loiseau, nom qui lui convient à merveille car sa tête aplatie sur les tempes et sa figure projetée en avant, le font ressembler au plus crétin des moineaux".

Le commentaire de presse est précis, mais sévère, voire méchant. Dans une affaire de vols de tableaux jugée le 31 mai 1861, la Gazette des Tribunaux écrit:"Félix Aurelle, âgé de 33 ans, est né à Saint-Pierre, Martinique. Il est d'origine nègre, mais considérablement mitigé, et presque tout à fait passé au blanc. Il n'a conservé de sa nature primitive qu'une épaisse chevelure laineuse et le nez aplati de sa race. Du reste, il est mis avec une certaine recherche, il s'exprime bien..."

Dans les années 1860, la presse judiciaire désigne toujours les prévenus ou victimes par leur origine. "Un vigoureux Picard", un "bon Limousin", un "gros Bourguignon". Elle commente le physique : "tête de voyou", ou affirmait "elle a dû être jolie", ou "c'est une vieille femme très laide", ou encore "c'est un homme d'une taille ordinaire, au teint bilieux"...

La chronique judiciaire explique souvent que l'on juge des individus de "mauvaise mine", ou que l'on arrête des gens "d'assez mauvaise apparence", ce qui est normal. On juge ainsi en mars 1847, à la cour d'assises de Paris, des Auvergnats, et, d'après la presse, "lorsqu'on voit sur le banc un homme de ces contrées, on peut être à peu prés sûr qu'il s'agit de violences, de voies de fait graves pour les causes les plus futiles qui ont entraîné des conséquences funestes". On juge en effet Jean Costerousse, né à Lavignac (Aveyron), charbonnier et porteur d'eau, comme tout Auvergnat, 22 rue de la Fontaine au Roi. Costerousse avait un concurrent voisin qui n'était pas auvergnat, s'appelait Prunières et dont toute la famille est morte, empoisonnée par l'arsenic que Costerousse est allé acheter au pays, à Cussac. L'accusé explique avoir acheté le poison pour les rats et plaide l'accident, mais il va aussi s'en tirer, condamné aux travaux forcés à perpétuité le 13 mars 1847 [10].

En 1845, pour ce genre d'affaires criminelles, un juge d'instruction est célèbre, M. Saint-Didier, qui instruit toutes les affaires importantes. Par exemple : Le 14 mai 1845, Achille Lepaire est condamné aux travaux forcés à perpétuité car on l'a arrêté dans la rue à 8 heures du soir, au moment où il venait d'arracher des boucles d'oreilles à une jeune femme qu'il suivait depuis quelques temps.

Mais l'époque n'oublie pas la répression intellectuelle. Charles Marchal, Adolphe Cauville et Adolphe Blondeau, auteur, éditeur et imprimeur de "L'histoire de la famille d'Orléans, depuis son origine jusqu'à nos jours", vont comparaître le 26 février 1845 devant la cour d'assises. "Offense au roi". Marchal sera condamné à 5 ans d'emprisonnement et 10.000 francs d'amende et les deux autres acquittés. Mais le 5 avril suivant, la cour infligera 2 ans d'emprisonnement et 3.000 francs d'amende aux frères Edmond et Adolphe Cauville qui, après la condamnation de Marchal, ont continué sous le manteau la diffusion de ces "calomnies les plus abominables contre le roi", selon l'avocat général Jalon qui remplit bien son rôle de magistrat.

Après les enfants et les intellectuels, les vagabonds ou les chiffonniers auront beaucoup occupé aussi la police des régimes autoritaires du XIXème siècle.

Février 1848: en pleine révolution, l'actualité judiciaire est exclusivement consacrée au crime et au jugement de l'affaire Cécile Combettes, à Toulouse. Une horrible affaire de viol et de meurtre d'une enfant par un ecclésiastique. Le procès, renvoyé le 1er mars pour être repris le 25 mars, va durer jusqu'au 8 avril. Ce que l'on ne voit jamais, à cette époque où la plus grave des affaires est toujours jugée en une seule journée.

Mais il faudra bien faire de la place dans les journaux aux procès des émeutiers de février 1848. Il y a eu des affrontements, le soir du 23 février, entre les troupes de la Ligue, la Garde municipale et des manifestants dans les quartiers Bonne-Nouvelle, Saint-Martin et du Marais. On a entendu des coups de feu place Vendôme, boulevard des Capucines et à La Madeleine.

La répression va vite se calmer. Changeant de patron et virant de bord pour se mettre au service du camp des émeutiers, le ministère public, en la personne du procureur général de Paris Auguste Portalis, nommé la veille par le nouveau gouvernement, ouvre le 26 février 1848 une information judiciaire contre les anciens ministres qui ont fait tirer sur la foule, aux derniers jours du règne de Louis-Philippe.

Le 27 février à 2 heures de l'après-midi, le gouvernement provisoire proclame la République au pied de la colonne de Juillet, à la Bastille. On ne dira plus "cours royales", mais "cours d'appel". Tous les militaires emprisonnés sont libérés et amnistiés.

Le 23 avril 1848, un décret abolit la peine de l'exposition publique car elle est, pense-t-on, de nature à provoquer un sentiment de pitié et à familiariser avec la vue du crime. Par la suite, la guillotine descendra de l'échafaud pour fonctionner sur le sol. La chemise rouge de l'assassin et de l'incendiaire, le voile noir, les pieds nus, la mutilation du poignet pour les parricides, ont déjà été supprimés en 1832 [11].

Pourtant, le 12 juin 1848, le ministre de l'Intérieur du nouveau pouvoir républicain chasse déjà les opposants et donne l'ordre aux préfets de faire arrêter Louis-Napoléon Bonaparte que l'on signale comme : "Âgé de 40 ans, taille d'un mètre soixante-six centimètres, cheveux et sourcils châtains, yeux petits et gris, nez grand, bouche moyenne, lèvres épaisses, barbe brune, moustaches blondes, menton pointu, visage ovale, teinte pâle. Marques particulières ; tête enfoncée dans les épaules, épaules larges, dos voûté" [12].

Malgré tout, le 23 juin 1848, la République n'ayant pas encore créé le bonheur du peuple, éclate dans Paris une formidable insurrection. La capitale, durant quatre jours, est transformée en champ de bataille. L'Assemblée nationale met Paris en état de siège et confie le pouvoir à Eugène Cavaignac. On se dispute pied à pied les rues, les carrefours, les maisons, les ponts. La garde mobile reste fidèle au gouvernement et se bat. Mais le 25 juin, Mgr Denis Affré, archevêque de Paris, est tué par des insurgés alors qu'il tente de ramener le calme. L'archevêque, à l'époque, est une personnalité très respectée. Comme si le jeu avait été cassé, cet événement va provoquer la consternation et mettre fin à la lutte. Plusieurs milliers d'hommes auront été arrêtés qui seront déportés. Jusqu'en septembre, Paris va ressembler à un camp militaire [7].

Après cette insurrection des 23-27 juin, 6.000 personnes, arrêtées, passibles du Conseil de guerre, sont enfermées dans l'École militaire et la caserne de la rue de Tournon. Même si les émeutes ont tué beaucoup d'hommes de troupe [13], le Conseil de guerre, dans ses très nombreux jugements, ne va prononcer que peu de peines de mort. Il va juger aussi des militaires passés du côté des insurgés. Des listes de centaines de noms seront publiées en août dans les journaux. Ce sont les insurgés "transportés" vers Le Havre pour être embarqués vers l'outre-mer [14]. Ainsi, 3.423 personnes seront transportées au Havre du 5 août au 29 septembre, de toutes professions, âgées de 13 à 76 ans [15].

Le 10 décembre 1848, l'élection de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence de la République, sur lequel personne n'aurait parié un sou six mois plus tôt, met un terme à tout cela. Les affaires judiciaires courantes peuvent reprendre et le 23 avril 1850, le préfet ordonne l'arrestation de tous les mendiants qui stationnent aux portes des casernes. Le tribunal va condamner 32 personnes à un mois d'emprisonnement le 1er mai 1850.

Le régime, fidèle à la tradition de ses prédécesseurs, fait juger par la cour d'assises de Paris de nombreuses affaires de "cris séditieux" qui se terminent par des peines de 3 à 4 mois d'emprisonnement. On avait crié "A bas la République, à bas le président…", etc.

Le pouvoir multiplie déjà les procès politiques.

Le 2 décembre 1851, le préfet de police Emile de Maupas, activement associé au coup d'État, va faire arrêter à la même heure, dans divers quartiers de Paris, les chefs politiques et militaires de l'Assemblée législative. Cavaignac, Thiers, Lamoricière, Lagrange, etc… Le palais de l'Assemblée est occupé militairement et les questeurs arrêtés. On se battra à la Cité, aux abords du palais de justice. Au canon. Et sur quelques barricades rue Rambuteau, rue Saint-Denis et rue Saint-Martin [7].

Au lendemain du coup d'État qui fait du prince Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République depuis trois ans, "l'Empereur des Français" Napoléon III, Paris se révolte. Dès le 3 décembre, la grogne gagne les 1er, 2ème, 3ème et 4ème arrondissements. Le 4 décembre, Paris est envahi de barricades. Il faudra 30.000 soldats pour mettre fin à l'insurrection. On fusille sur place.

Le 6 janvier 1852, les préfets reçoivent l'ordre de faire disparaître du fronton des édifices publics la devise "Liberté, égalité, fraternité", ce qu'ils appliquent aussitôt avec zèle, toujours pour le service du pouvoir en place. Le Palais-Royal est désormais appelé "Palais national". Trois jours plus tard, un décret de bannissement touche 66 représentants du peuple, dont Victor Hugo [16].

Outre ces faits exceptionnels, l'actualité judiciaire des années 1850 est toujours principalement marquée par de nombreux meurtres entre époux et amants, et surtout, par les poursuites pour offense envers le pouvoir.

Mais il y a aussi quelques affaires pour sourire. Le tribunal correctionnel, par exemple, a condamné à 50 francs d'amende, le 5 mai 1854, Parfait Penaud, pour avoir timbré une lettre adressée à son père, dans la Somme, avec un timbre qui avait déjà servi. Gravissime. Penaud, tout à fait ignorant de tout, a cru un ami qui lui expliquait qu'il suffisait de boire un verre chez un marchand de vins avec un copain pour que cela vaille affranchissement... "Tu jettes la lettre dans la boite, tu bois un verre de vin si c'est pour Paris, deux pour un département ; c'est pas plus malin que ça", lui a dit cet inconnu. Penaud l'a cru car il n'était "à Paris que depuis huit mois et ignorait les usages"...

En 1854, le tribunal correctionnel condamne toujours régulièrement nombre de commerçants qui roulent la clientèle sur les poids et les quantités.

Les 31 janvier et 7 février 1857, Gustave Flaubert comparait en correctionnelle pour outrage aux bonnes mœurs à la suite de la publication de Madame Bovary. Pour avoir obéi au pouvoir et avoir soutenu cette accusation, l'avocat impérial Ernest Pinard ne passera pas à la postérité. Ses collègues de la 6ème chambre correctionnelle relaxent l'écrivain le 9 février en considérant que le délit n'est pas suffisamment établi.

Le 27 février 1857, la presse publie une publicité pour le financement de compagnies de chemins de fer russes dont le projet est de construire des milliers de kilomètres de voies. Ces appels de fonds vont se renouveler fréquemment à une époque où la France ne compte que quelques lignes de chemin de fer dont Paris-Le Havre, Paris-Calais, Paris-Strasbourg et Paris-Marseille. Les actionnaires investissent et se montrent très satisfaits [17].

Les viols et infanticides sont les seuls crimes en augmentation en France depuis 25 ans, selon les journaux du 12 mars 1859.

Le 20 juillet 1868, le pouvoir, pourchassant toujours l'opposant, fait saisir La Lanterne, le journal d'Henri Rochefort, et trouve des magistrats pour condamner le contrevenant à 4 mois d'emprisonnement et 200 francs d'amende. Rochefort va devoir se réfugier en Belgique. Le 19 décembre 1869, il crée La Marseillaise. Mais le 7 février 1870, il se fait arrêter, ce qui va provoquer des émeutes dans Paris. Après la Commune, le 20 septembre 1871, il sera condamné à la déportation, comme Louise Michel le 17 décembre et comme Auguste Blanqui le 16 février 1872. Jules Vallès lui, sera condamné à mort par contumace le 4 juillet 1872. Rochefort ne parviendra à s'évader que le 20 mars 1874, avec cinq Communards [16].

Dans la traque aux opposants, de nombreux procès visent, en mars 1869, des animateurs de réunions politiques propres à exciter, dit-on, à la haine et au mépris du gouvernement, de l'empereur, des citoyens les uns envers les autres, de la morale publique et religieuse. Le 5 février 1869 par exemple, dans une réunion tenue rue de Paris, à Belleville, Louis-Constant Pichon, 22 ans, élève architecte, prononce ainsi un discours dans lequel il demande : "Quelle utilité le gouvernement français retire-t-il de ces 46 millions donnés à des abrutis, des imbéciles, de ces appointements énormes donnés à des préfets, à des sénateurs, à des maréchaux et autres personnages d'une utilité douteuse ; quelle utilité retire-t-il de cette liste civile, presque le double du budget de l'instruction qui s'élève à 40 millions de francs ?..." Une question qui lui vaudra 8 mois d'emprisonnement et 500 francs d'amende le 6 mars 1869.

Le 17 mars, une réunion semblable, tenue 28 place du Trône, vaudra à ses animateurs Charles Amouroux, chapelier, et Ernest Genton, ouvrier, des peines de 4 et 15 mois d'emprisonnement pour offense à l'empereur.

La presse ne dit donc plus rien. Elle annonce même, les 16 et 18 août 1870, que tout va pour le mieux dans la guerre contre la Prusse, alors que la France subit les défaites catastrophiques de Rezonville, Gravelotte et Saint-Privat. Les Prussiens sont chaque jour plus près de Paris, mais la presse relaie avec application l'information d'une victoire française imminente.

En janvier 1871, après des mois de siège et de famine, les troupes prussiennes vont bombarder Paris pendant trois semaines et semer une panique indescriptible. Les tirs prussiens défoncent le 10 janvier la toiture du théâtre de l'Odéon. La rive gauche de Paris subit de gros dégâts. La prison de Sainte-Pélagie, rue de la Clé notamment (5ème arr), reçoit un obus qui blesse plusieurs détenus. Les locaux du conseil de guerre et la prison militaire du Cherche-Midi (6ème arr), de chaque côté de la rue, sont endommagés, ainsi que le quartier Saint-Jacques, le Luxembourg, le Jardin des plantes.

Une partie des Parisiens décidera de tenter une sortie, une percée dans les rangs prussiens. Une autre partie s'opposera vivement à cette idée. On se battra, on s'entre-tuera le 22 janvier. Il y aura plus de cinquante morts. Finalement, Paris capitulera le 28 janvier. Et le 1er mars 1871, le gouvernement qui annonce toujours de bonnes nouvelles capitule cependant, de sa retraite de Bordeaux. Les troupes allemandes défilent sur les Champs-Elysées avant de quitter Paris le lendemain [16].

Cet événement sera indirectement à l'origine de la révolte de la Commune. Les gardes nationaux, devenus révolutionnaires, apprenant l'entrée des Prussiens dans Paris, décident de cacher leurs canons à Montmartre, aux Buttes-Chaumont ou à Belleville. C'est en tentant de les récupérer aux mains des gardes nationaux le 18 mars que le gouvernement royaliste d'Adolphe Thiers, issu des élections de février, mettra le feu aux poudres.

Le 12 mars 1871, la cour d'assises peut reprendre son service alors que seul le conseil de guerre siège depuis plusieurs mois. Mais pas pour longtemps. La révolte de la Commune va interrompre l'activité de la cour d'assises et submerger de dossiers le conseil de guerre pour quelques années.

Il jugera notamment tous les "Délégués de mairie" qui, sous la Commune, auront rendu la justice sans aucune référence à une règle de droit.

La répression de la Commune déportera environ 3.000 personnes en Nouvelle-Calédonie [18].

A partir des 1875, le siècle changeant d'époque avec le retour au calme de la IIIème République, les instructions criminelles commencent à durer des mois, voire une année entière, au lieu des deux à trois mois d'enquête que l'on avait toujours connus, au maximum.

On commence aussi à assister -et la presse le dénonce le 7 août 1893- à des audiences de nuit, qui vont devenir une habitude dès 1893 et qui ne permettent à personne de juger ou d'être jugé convenablement. Ces procès qui durent jusqu'à seize heures de suite ne permettent pas la sérénité ni les garanties nécessaires.

La France se modernise. Depuis quelques années, on ne transporte plus les blessés chez le pharmacien d'à côté, mais à l'hôpital.

Mais la police de la pensée ne disparait pas pour autant. Jean Richepin, homme de lettres, Georges Decaux, éditeur, sont par exemple condamnés le 15 juillet 1876 par le tribunal correctionnel à un mois d'emprisonnement et 500 francs d'amende pour le premier et à 500 francs d'amende pour le second, pour la mise en vente du livre de Richepin, "La chanson des gueux", qui contient des outrages aux bonnes mœurs.

Dans cette seconde moitié du XIXème siècle, la journée de travail s'étale de 6 heures à 18 heures. Pour les enfants de 8 à 12 ans, depuis Louis-Philippe, la journée de travail est limitée à huit heures. Pour cette raison, toute personne qui prend le temps de déambuler à 9 heures du soir est nécessairement suspecte, car on juge qu'elle se prépare à chômer le lendemain. C'est un signe d'inconduite car l'ouvrier honnête ne peut se permettre de veiller [2].

Un magistrat pourtant, juge le contraire : "L'homme normal ce n'est pas l'honnête homme, c'est le criminel, c'est celui qui, comme l'incalculable quantité d'organisme existant dans la nature, tend à supprimer son voisin ; l'homme anormal au contraire, c'est l'honnête homme qui agit contrairement à la loi et au besoin des organismes en évitant de faire ce qui est préjudiciable aux autres, et il se donne le droit de mettre en prison l'homme qui est resté fidèle aux lois de sa nature, en pillant, profanant, assassinant, faisant tout ce qu'il sait et peut faire pour son propre avantage et bénéfice…" écrit le juge Adolphe Guillot en 1890 [11].

Enfin, le 14 juin 1891, la presse annonce le début d'un scandale financier. Une affaire judiciaire d'un genre nouveau, extrêmement rare jusqu'à présent mais qui a de l'avenir. On va enquêter sur le désastre financier de la Compagnie interocéanique de Panama. L'instruction viserait notamment M. Ferdinand de Lesseps, grand officier de la Légion d'Honneur...

 

[1] Louis Chevalier, Classes laborieuses, classes dangereuses, Plon 1969

[2] Simone Delattre, Les douze heures noires, la nuit à Paris au XIXème, Albin Michel 2000

[3] Pierre Drachline, Le fait divers au XIXème, Hermé 1991

[4] Mémoires de Canler, ancien chef de service de la Sûreté, Roy 1882

[5] Dominique Kalifa, Les crimes de Paris, Bilipo 2001

[6] Gazette des tribunaux, 10.9.1839

[7] Amédée Gabourd, Histoire de Paris, Ed Gaume Frères, 1863

[8] Gazette des tribunaux, 11.7.1842

[9] Gazette des tribunaux 16.7.1842

[10] Gazette des tribunaux 15.3.1847

[11] Adolphe Guillot, Les prisons de Paris et les prisonniers, Dentu 1890

[12] Gazette des tribunaux 17.6.1848

[13] Gazette des tribunaux 19.6.1848

[14] Gazette des tribunaux 31.8.1848

[15] Gazette des tribunaux 14.10.1848

[16] Victor Hugo, Choses vues, Folio 1990

[17] Gazette des tribunaux 23.4.1856

(dessin X)