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Enfant enlevée, 1877.

17 Rue nationale Paris

L'affolement règne, le 1er juin 1877 rue Nationale. Marie-Joséphine Eckerlé, 11 ans, a disparu alors qu'elle jouait dans la rue après son retour de l'école. A 8 heures du soir, la population sillonne le quartier et apprend qu'on l'a vue avec Jean-Pierre Welker, qui habite 17 rue Nationale. C'est un ancien commis des raffineries Say qui a 21 ans. Désormais, il travaille à l'abattoir de la Villette. On frappe. Il refuse d'ouvrir. On menace d'enfoncer la porte. Alors, Welker ouvre. Le père de l'enfant fouille, et rapidement, trouve le corps de sa fille sous le lit de la chambre. Etranglée avec sa corde à sauter parce qu'elle ne se laissait pas violer. Welker échappe au lynchage mais pas au bourreau. L'avocat général Georges Onfroy de Bréville obtient la peine de mort le 13 août, malgré la défense de Me Bouchot, et le 11 septembre, devant 300 personnes, Welker est livré au bourreau.

A la même adresse,  17 rue Nationale, demeure la sage-femme Tupenot. Adrienne Laurent, 22 ans, et Sophie Laurent, 47 ans, la tiennent pour responsable de la mort en couches de leur sœur et fille, le 21 mai 1881. Elles décident de se venger et le 18 août 1881, l'attendent devant sa porte, devant l'allée du 17 rue Nationale. La sage-femme demeure dans la maison du fond de l'allée. Lorsqu'elle sort enfin de chez elle pour se rendre à son cabinet du 65 rue Jeanne-d'Arc, la victime est soudain aspergée de vitriol, défigurée, traitée d'assassin. Le 20 février 1882, alors que les deux mégères comparaissent en correctionnelle, on ne sait pas encore si on lui sauvera les yeux. Le tribunal condamnera Adrienne à 3 ans d'emprisonnement et sa mère à 2 ans.

(dessin Poulbot 1879-1946, DR)