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Incendiaires rue de Charenton, 1866.

61 Rue de Charenton Paris-12E-Arrondissement

Jean-Marie Michel, un ébéniste de 20 ans, tente en 1866 de mettre le feu au logement de ses concurrents, les époux Dado, au 3ème étage du 61 rue de Charenton. Il enflamme un tas de vieux copeaux sous leur lit. Mais le feu s'éteint. L'immeuble abrite aussi l'atelier de Dado et celui de Kaiser, le patron de Michel. C'est ainsi que l'incendiaire a pu s'introduire facilement dans les lieux. Il a choisi l'après-midi du dimanche 4 novembre 1866. Mais l'enquête a révélé que les copeaux provenaient de l'atelier de Kaiser et que le coupable avait donc la clé. De plus, Michel a eu l'idée curieuse de mordre dans une motte de beurre des époux Dado avant d'allumer le feu, laissant ainsi l'empreinte de sa mâchoire, ce qui achève de le confondre ! Le but de Michel était d'incendier l'atelier de Kaiser, mais il a pensé détourner l'attention en allumant l'incendie chez les Dado. Michel voulait se venger de Kaiser qui avait employé son père et le traitait à chaque occasion de fripon et de voleur. Défendu par Me Despond, il sera acquitté le 12 avril 1867.

Un autre ébéniste, François Gay, 40 ans, et sa femme Marguerite Moser, 42 ans, tentent eux aussi de mettre le feu, le 5 janvier 1868, à l'atelier et à leur logement du 60 rue de Charenton, afin de percevoir les 9.000 francs de l'assurance. L'immeuble abrite d'autres occupants dont ils ne se sont pas inquiétés. A la vue de l'épaisse fumée qui sort par les fenêtres du 3ème étage, on se précipite, avec d'autant plus de crainte que toutes les fontaines sont gelées. Heureusement, un ancien sapeur pompier nommé Lenice va défoncer la porte et parvenir à étouffer l'incendie. Il remarque qu'on a disposé une chandelle au milieu d'un tas de copeaux qui devait conduire le feu jusqu'au lit. De plus, le plafond a été détruit au dessus du lit pour mettre les solives à nu. A leur retour, les habitants simulent le désespoir... mais ont la langue trop longue. Ils se défendent alors qu'on ne les accuse pas. On trouve la police d'assurance dans la poche de Gay et un témoin déclare l'avoir vu détruire son plafond. Les outils sont d'ailleurs dans la cave... La cour d'assises prononcera 12 ans de travaux forcés pour Gay et 8 ans pour sa femme le 4 juin 1868.

(dessin l'Illustration)