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Le crime de Papavoine, 1824.

Avenue des Minimes Paris Île-de-France

Au matin du dimanche 10 octobre 1824, une femme venant de Paris, tenant deux petits garçons de 5 et 6 ans, commence une promenade au Bois de Vincennes. Elle prend l'allée des Minimes mais après les avoir laissés jouer quelques temps dans un bac à sable, les emmène s'abriter dans la cabane d'un bal public. La pluie commence à tomber. Elle déballe le pique-nique. A cet instant, s'approche un homme en redingote bleue qui lui déclare "votre promenade est bientôt finie". Interloquée, elle prend peur. L'homme s'approche alors du plus jeune des enfants et le frappe avec force. La mère attaque l'agresseur à coups de parapluie mais l'autre ne s'en émeut pas. Il s'en va aussitôt frapper l'autre enfant et s'enfuit. Les deux enfants s'affaissent, ensanglantés, frappés chacun d'un coup de couteau. Les cris alertent les passants. On accourt. La mère, âgée de 25 ans, se nomme Charlotte Hérin, ouvrière en dentellerie. Le père des enfants est le carrossier Gerbod qui a succédé à son père à la tête de l'entreprise familiale, mais n'a pas épousé Charlotte, faute de consentement paternel. Aussitôt alertée, la police montée recherche dans le bois un homme seul et un gendarme finit par l'arrêter, bien que l'autre nie être le suspect. Reconnu formellement par les témoins, l'homme déclare se nommer Louis-Auguste Papavoine (photo), 39 ans, fils d'un drapier d'Eure-et-Loir, retraité administratif de la marine. La dame Jean, épicière à proximité, affirme que ce Papavoine est bien l'homme qui lui a acheté un couteau quelques minutes auparavant. Papavoine nie farouchement. Il va nier jusqu'au 15 novembre, puis avouer. En prison, à La Force, il tente, le 17 novembre, de poignarder le détenu Labiey. Le 23 février 1825, s'ouvre son procès devant la cour d'assises présidée par Eugène Hardouin, avec le vicomte de Peyronnet pour accusateur. Aucun mobile n'aura jamais été trouvé pour cet acte. Papavoine désormais, maintient ses aveux et prétend qu'il pensait assassiner les enfants du duc de Berry, assassiné lui-même quatre ans plus tôt. Pourtant, les enfants du duc sont un garçon et une fille... Papavoine n'a pas d'explication. Ni pour le meurtre des enfants, ni pour la tentative de meurtre du détenu. Il se prétend fou. Il est défendu par Me Paillet, avocat à Soissons, qui ne parvient évidemment pas à lui épargner l'échafaud. L'arrêt de mort est rendu après une heure de délibéré seulement et Papavoine exécuté le 25 mars 1825 sur la place de Grève. Il sera le modèle à Victor Hugo pour "Le dernier jour d'un condamné".

(dessin X)