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Pivotot et son patron, 1884.

22 Rue Saint-Sabin Paris

Victor Pivotot, mécanicien de 27 ans, travaille en 1884 dans les établissements Barrière et Rheims, constructeurs mécaniciens, 22 rue Saint-Sabin. Mais il néglige de mettre ses lunettes de protection. Jusqu'au matin du 11 janvier 1884 où, occupé à buriner une pièce de métal, Pivotot est éborgné par un éclat. Son patron, Louis-Marie Barrière, 39 ans, va intervenir pour son ouvrier et obtenir de la Compagnie Royale Belge l'indemnité la plus élevée, 1.200 francs, tout en promettant à Pivotot autant de travail qu'il en veut. Mais Pivotot, trouvant l'indemnité lente à venir, devient odieux, réclame, menace. Enfin, la Royale Belge paie, en avril, et Pivotot décide de prendre des vacances. Rapidement, les 1.200 francs sont mangés. Pivotot revient. Fidèle à sa parole, Barrière lui offre de reprendre sa place. Mais Pivotot n'est plus le même. Il envoie promener le contremaître et répond à tous par des injures et des récriminations. Il en vient même à menacer son contremaître, Ernest Grangé, d'un burin... bref, il agit comme s'il voulait être renvoyé. L'affaire s'envenime tant et si bien que le 29 août 1884, il jette ses outils à terre et prend la porte. Le 18 octobre 1884, après avoir longuement ruminé, Pivotot se présente armé d'un revolver et, dans la cour de l'usine (photo), tire une balle à bout portant dans la tête de Barrière. Grâce à l'intervention du concierge qui s'est jeté sur le tireur, Barrière n'est que blessé au nez et à la joue mais désormais atteint d'une importante surdité. Défendu par Me Barrou, Pivotot sera acquitté le 18 février 1886.

(dessin Descaves 1840-1896)