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Barricade rue Saint-Maur, mai 1870.

Rue Saint-Maur Paris Paris

A l'annonce des résultats du plébiscite du 8 mai 1870 qui donne 7,1 millions de "oui" et 1,4 millions de "non" à l'empereur, la soirée est agitée à Paris. L'empereur a voulu, par ce referendum, conforter son pouvoir en faisant approuver ses réformes. Le quartier de l'église Saint-Joseph où l'on renverse des omnibus aux cris de "Vive la République !" est très agité. Une barricade est dressée rue Saint-Maur mais la troupe la détruira vers 11h du matin. Place du Château-d'Eau, un individu blesse d'un coup de feu le lieutenant Filaubert, du 29ème régiment de Ligne et échappe de peu à la riposte des soldats devant la caserne du Prince Eugène. Il sera arrêté. C'est Pierre Mallet, un peintre en bâtiment de 35 ans. Les émeutes se poursuivront le lendemain et les poursuites judiciaires pour "offense" reprendront de plus belle. Elles sont quotidiennes contre les journaux ou les promeneurs. Le 28 mai, un homme est condamné à 2 ans d'emprisonnement pour avoir lancé des "cris séditieux" en chantant la Marseillaise. "C'est un ivrogne, un querelleur. Il a été congédié de son dernier logement pour défaut de paiement et à cause du trouble qu'il causait en cherchant querelle à ses voisins. Il est paresseux à l'excès, il vivait avec une femme et ne cessait de la maltraiter, il ne fréquente que les voyous, en résumé c'est un garnement de la pire espèce. (...) Tel est le démocrate assis sur le banc des prévenus..." écrit la presse du 29 mai 1870 au sujet d'un maçon nommé Varet.

(dessin X)