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Coup d'État raté, mai 1848.

126 Rue de l'Université Paris

Auguste Blanqui (v. 1er arr, à la cour d'assises), à la tête de ses troupes, fait irruption dans l'hémicycle le 15 mai 1848 pour tenter de renverser le gouvernement. L'opération échoue et Blanqui sera arrêté quinze jours plus tard. Un nommé Mayer, qui suit Blanqui, profite de l'invasion de l'Assemblée pour faire les poches des députés. Surpris, il sera condamné à 2 mois d'emprisonnement. La presse qualifie les voleurs à la tire "d'adhérents à l'une des variétés du communisme". Le 7 mars 1849, le procès de cet attentat s'ouvre à Bourges, à l'Hôtel Jacques Cœur. Il y a 14 accusés. Des républicains qui ont tenté de renverser le gouvernement provisoire après s'être réunis à la Bastille et avoir marché vers l'Assemblée. Le général Courtais, qui défendait l'Assemblée, n'a pas résisté longtemps. Parmi les accusés, figurent évidemment Blanqui (photo), arrêté rue Montholon en mai, quelques jours plus tard, alors qu'il était sorti de prison en février. Le verdict sera rendu le 3 avril 1849. Blanqui sera condamné cette fois à 10 ans de détention qu'il subira à Corte. Benjamin Flotte, cuisinier, aussi virulent que Blanqui, sera condamné à 5 ans. Alexandre Martin, signalé comme chef communiste, partisan du drapeau rouge, qui a été quelques jours membre du gouvernement provisoire, sera condamné à la déportation, comme Louis Blanc, ex-membre du gouvernement provisoire, comme un nommé Albert, ouvrier mécanicien républicain, et comme Armand Barbès, récemment remis en liberté par le gouvernement provisoire. Elu colonel de la Garde municipale, il présidait rue Montesquieu le Club de la Révolution. Ensuite, seront condamnés : Joseph-Marie Sobrier, à 7 ans de détention, Seigneuret, avocat au Havre, agréé près le tribunal de commerce de Fécamp (déportation), Joachim Houneau, maître d'études au lycée Monge, rédacteur de la commune de Paris (déportation), Huber (déportation), Vincent-François Raspail, président du Club des amis du peuple (6 ans de détention), Laviron, capitaine de la Garde nationale, membre de la société des droits de l'homme (déportation), Auguste-François Quentin, receveur général des finances de la Lozère, révoqué en 1832, devenu receveur au Havre et à Caudebec, révoqué encore (5 ans de détention), Paul Degré, artiste peintre à Montargis (déportation), Napoléon Chancel, commissaire du gouvernement provisoire dans la Drôme, révoqué (déportation). En revanche, Larger, mécanicien à Passy dans les ateliers communaux, Daniel Borme, Jules Thomas, élève en pharmacie, Aimable Courtais, Marc Caussidière, préfet de police en mai 1848, Villain, membre de la société des droits de l'homme, seront acquittés… Les détenus subiront leur peine à Doullens, les déportés la subiront outre-mer (v. 9ème arr, rue Montholon).

(dessin X)