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Prisons de la Force, 1845

2 Rue du Roi de Sicile Paris

Pierre-François Lacenaire a manqué d'être assassiné à la prison de La Force le 27 juillet 1835, par ses codétenus, qui sont aussi ses complices, mais qu'il a vendus au juge d'instruction.

Plusieurs prisonniers de La Force, accusés des plus graves infractions : vol, meurtre, assassinat, et détenus dans "La Fosse aux lions", ont réussi à s'évader le 7 août 1843 en creusant durant plusieurs nuits un souterrain qui les a conduits dans les bains-Saint-Catherine. Menaçant le chauffeur, ils s'enfuient par la rue Culture-Sainte-Catherine (rue de Sévigné). Mais aux cris du chauffeur des bains, des passants s'en mêlent et tentent d'attraper les évadés. Le sieur Pons, propriétaire, est ainsi blessé par l'un de ceux qui viennent d'être repris. "Un de plus ou de moins, j'irai à la Barrière Saint-Jacques", a dit le coupable. L'évasion a créé une véritable émeute dans la rue et plusieurs passants sont blessés. Le souterrain devait déboucher dans un jardin, mais il avait débouché sous le calorifère des bains qui avait alerté le gardien en se renversant. Sur les seize évadés, treize sont repris.

Après cette évasion de 1843, un nommé Jean Courteau était porté manquant. Louis Canler, chef de la Sûreté, apprenant quelques jours plus tard par un informateur que Courteau fréquentait la barrière de Montreuil, armé d'un couteau, partit l'arrêter avec deux agents. En fiacre, ils le croisèrent dans la rue et décidèrent d'agir par surprise. Au bout de la rue, le fiacre fait demi-tour et les agents Canler et Laporte, lui sautant dessus simultanément en passant à sa hauteur, le ramènent à La Force.

Les deux prisons de La Force (la Grande Force et la Petite Force) ont été démolies en 1845, et remplacées par la prison Mazas en 1850, beaucoup plus grande puisqu'elle comptait six bâtiments (v. 12ème arr, bd Diderot).