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Les barricades de décembre 1851.

10 Boulevard Montmartre Paris

Les 2, 3 et 4 décembre 1851, la répression se solde, boulevard Montmartre et boulevard des Italiens, par la mort d'une cinquantaine de Parisiens qui manifestaient -ou non- leur opposition au coup d'Etat de Napoléon III (v. aussi Fg du Temple)

Les journées révolutionnaires de juillet 1830, de février 1848 et les émeutes du lendemain du coup d'Etat de 1851, sont particulièrement violentes sur le boulevard des Italiens, le boulevard des Capucines et le boulevard Poissonnière. On parle de "plus de mille morts et blessés". "Le boulevard Poissonnière n'a pas grande figure non plus: hautes bâtisses, boutiques vastes, mais une maison qui porte le N° 25 mérite qu'on s'arrête devant elle. N'est-ce pas celle qui, en décembre 1851, fut trouée par le canon, fouillée par les soldats, et dont le mur est resté, pendant le règne de Napoléon III, comme une grande affiche sur laquelle les balles avaient écrit ineffaçablement l'histoire de l'assassinat ?", écrit Jules Vallès dans son "Tableau de Paris".

D'autres manifestations seront réprimées boulevard Montmartre. A la veille des élections de Paris, le soir des 8, 9 et 10 juin 1869, de graves désordres troublent la capitale, notamment boulevard Montmartre où les "ennemis de la paix publique", selon les journaux, "entretenaient de coupables manifestations, des scènes de violences et de dévastation". Belleville, la Villette, Ménilmontant aussi, sont troublés. On menace un cafetier qui demande à être payé, on met à sac l'établissement. Boulevard de Belleville, chez les Laumondais, on détruit le bar et leur domicile. On détruit aussi le chantier de l'église Saint-Joseph, en construction rue Saint-Maur. La presse indique le 10 février 1870 que le chantier de l'église Saint-Joseph va rester un haut lieu de rassemblement des émeutiers républicains. On saccage aussi le débit de boisson de Morel, boulevard de Belleville. On casse, on brûle, on détruit le marché de Ménilmontant. Le 80 rue de Charonne, aussi. On se bat avec des sergents de ville... Treize personnes sont arrêtées et présentées à la cour d'assises le 12 octobre. Ouvrier, cordonnier, bijoutier, maçon... sont condamnés le 15 octobre à des peines de 6 mois à 3 ans d'emprisonnement.

(dessin X)