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La mort de Charles Dovalle, 1829.

7 Boulevard Montmartre Paris

Charles Dovalle (photo), avocat et journaliste de 23 ans, poète saumurois récemment "monté à Paris", écrit dans Le Figaro. Il a aussi été engagé par Louis Desnoyers, son contemporain, directeur du journal Le Lutin,  14 rue des Jeuneurs qui, pour des raisons fiscales, pour échapper au droit de timbre qui frappait les publications politiques, ne porte pas le même titre tous les jours. Il paraît sous le titre Le Lutin, Le Sylphe, Le Follet, le Journal des Salons… Dovalle est notamment en charge de la critique théâtrale. Le 26 novembre 1829, M. Dovalle, muni de billets pour une représentation, demande à les changer pour une autre ou pour une meilleure place mais se fait envoyé promener par le directeur, l'acteur Jean-Joseph Brunet, connu sous le nom de Mira, âgé alors de 53 ans. Dovalle, le lendemain, déverse sa rancœur dans les colonnes du Lutin et conclut par un mauvais jeu de mot sur le nom de Mira. Ce dernier, mécontent, se présente au journal et exige de pouvoir répondre, ce qui lui est refusé par le directeur Desnoyers. Mira exige alors un duel en réparation de l'insulte. Le 29 novembre, il se présente avec ses témoins, des épées et des pistolets. On part vers Clignancourt. Mais parmi ses deux témoins, Desnoyers a sélectionné Dovalle qui exige de se battre à sa place, étant responsable de l'affaire. Desnoyers finit par céder. Mira exige encore que Dovalle retire ce qu'il a écrit, mais se heurte à un nouveau refus. Le duel est donc décidé au pistolet, à 25 pas. Mira, l'offensé, renonce à son droit de tirer le premier. Dovalle tire, puis Mira, mais personne n'est atteint. On recommence. Mira est manqué de peu mais Dovalle, atteint en pleine poitrine, meurt dans la soirée. Jean-Joseph Mira comparaît de ce fait aux assises le 26 octobre 1830, pour assassinat. Mais à cette époque, avant le revirement historique de la Cour de cassation en 1837, qui fera du duel un meurtre punissable, le duel est alors considéré comme le résultat tragique d'un risque accepté par la victime. L'avocat général Adolphe Tarbé des Sablons ne soutient donc pas l'accusation et Mira est rapidement acquitté.