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Derniers martyrs des communards, mai 1871.

83 Rue Haxo Paris

Le 26 mai 1871, 47 prêtres et gendarmes sont fusillés dans cette rue par les Communards. Avec le cimetière du Père Lachaise, la rue Haxo sera l'un des derniers lieux de résistance des Fédérés contre les Versaillais, le 26 mai 1871. Les chiffres varient sur le nombre d'otages fusillés ici par la Commune. M. Pierrard [article dans « Le Monde autour de 1871 », Larousse 1971] donne les chiffres de "35 gardiens de la paix, 11 prêtres et 4 mouchards". Dans l'Insurgé, Jules Vallès écrit :"Et de quel droit, au nom de qui a-t-on tué ? La Commune tout entière est responsable de cet égorgement. Nous avons des éclaboussures de leur cervelle sur nos écharpes !... Cette boucherie est horrible ! Ces gens étaient âgés, prisonniers, sans armes !... On criera que c'est une lâcheté". Vingt-trois accusés répondront de ce crime le 12 mars 1872, dont François, une nouvelle fois, l'ex-"directeur" de la Roquette. Le 24 mai, ces victimes ont été choisies par Genton, "juge d'instruction", livrées par François et son gardien-chef Ramain, et tuées. Sur ordre de Ferré, on emmène à pied 10 prêtres, 35 gendarmes et 2 laïcs jusqu'au cimetière du Père Lachaise, puis boulevard de Ménilmontant, rue de Puebla...jusqu'à la mairie de Belleville. Dans la cour, on leur donne un quart d'heure pour faire un testament. Puis, la marche reprend par la rue de Paris, sous les insultes et les menaces de la foule. A 17h30, on les fait entrer dans l'établissement militaire de la rue Haxo, sous les coups, avant de leur tirer dessus dans la cour, de les piétiner et de les frapper à coups de sabre. François, 34 ans, Bénat, 39 ans, Aubry, 21 ans, Trouvé, 21 ans, Racine, 21 ans, Dalivous, 26 ans, et Saint-Omer, 44 ans, seront condamnés à mort pour ces assassinats le 22 mars 1872. Le 25 juillet suivant, on fusillera à Satory Isidore François et Louis-François Dalivous, commandant des pelotons d'exécution des otages, ainsi qu'Adrien Saint-Omer et Alphonse Aubry. Les autres verront leurs peines commuées en travaux forcés à perpétuité. Sept autres accusés seront condamnés aux travaux forcés à perpétuité, un autre à 20 ans de cette peine, deux autres à 15 ans, trois à la déportation et le dernier à 20 ans de réclusion criminelle (v. suite 20è arr, cimetière du Père-Lachaise)"Pour nous, nous revendiquons notre part de responsabilité dans ces actes justiciers qui ont frappé les ennemis du Peuple, depuis Clément-Thomas et Lecomte jusqu'aux dominicains d'Arcueil; depuis Bonjean jusqu'aux gendarmes de la rue Haxo; depuis Darboy jusqu'à Chaudey. Nous revendiquons notre part de responsabilité dans ces incendies qui détruisaient des instruments d'oppression monarchique et bourgeoise ou protégeaient les combattants", écrira Louise Michel [Louise Michel, La Commune, La Découverte 2015].

(photo X)