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Le mur des Fédérés, mai 1871.

16 Rue du Repos 20e Arrondissement

Le dernier bastion de résistance des Fédérés, le 28 mai 1871, est, avec la rue Haxo (v. 20è arr, rue Haxo) le cimetière du Père Lachaise. Le 27 mai au soir, les troupes gouvernementales, les "Versaillais" enfoncent, sous une pluie battante, la porte principale du cimetière. On s'entretue dans la nuit, au milieu des tombes. Vaincus, les Communards sont massivement fusillés devant ce qui deviendra le "Mur des Fédérés", au coin sud-est du cimetière (v. 14è arr, parc Montsouris 8è arr, Parc Monceau, etc...)

Le 27 mai 1888, comme chaque année, les partis révolutionnaires organisent un rassemblement près du "Mur des fédérés". Mais ces révolutionnaires ont rompu avec le journal l'Intransigeant. Les Blanquistes ont déjà rompu avec ce journal. Alors qu'un nommé Rouillon se prépare à déposer une gerbe, il est pris pour un représentant de l'Intransigeant. On lui crie : "c'est la couronne des traîtres, à bas Rochefort, à bas Boulanger, vive la Commune, vive l'anarchie !" Paul Lucasz, qui agite un drapeau noir du haut du mur, tire alors sur Rouillon, encouragé par Désiré Saulnier, 28 ans, et blesse trois personnes. Lucas sera condamné par la cour d'assises à 5 ans de réclusion le 6 septembre 1888 alors que Saulnier va être acquitté. Ils étaient défendus par Mes Crémieux et Puech.

Le square des Batignolles, le parc Monceau, la butte Montmartre ont aussi servi de lieux d'exécution des Fédérés, à partir du 21 mai 1871. Pendant cette "semaine sanglante", 17.000 Fédérés, pris les armes à la main, auraient été exécutés sur place. C'est dans cette débandade qu'ils ont incendié les Tuileries, le ministère des Finances, le Palais-Royal, le Palais de justice, la Cour des comptes, l'Hôtel de Ville… (v. suite Vincennes)

Le 29 août 1971, dix minutes après la fermeture du cimetière à 18h, une bombe détruit la tombe d’Adolphe Thiers. Deux pains de plastic ont été déposés de chaque côté du monument, mais un seul a explosé. Il était alimenté par une mèche lente, ce qui permet de penser que les auteurs ont filé parmi les derniers visiteurs. L’attentat est revendiqué par un "Groupe 2 pour la sauvegarde des Halles", qui proteste "contre la destruction des halles de Paris, l’un des derniers centres de la vie collective à Paris", et reproche "au sinistre Thiers" d’avoir été "l’assassin d’au moins cent-mille communards". Le 26 juin 1971 déjà, un premier attentat avait été commis contre la tombe de Thiers. Un engin explosif constitué notamment de cinq bidons d'essence avait fait des dégâts peu importants.

L'anniversaire de la mort de Blanqui (v. palais de justice, cour d'assises), étant toujours l'occasion de manifestations au Père Lachaise, plusieurs manifestants qui crient "à bas l'armée" son encore arrêtés en janvier 1899 et condamnés le 9 janvier à 15 jours d'emprisonnement.

(dessin X, DR)