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Emeute à la caserne, août 1870.

157 Boulevard de la Villette Paris

Le dimanche 14 août 1870, la caserne de pompiers située au 157 boulevard de la Villette est assiégée par une centaine d'individus, vers 4 heures de l'après-midi. Ils chantent la marseillaise et veulent que des hommes et des armes leurs soient donnés pour aller au Corps législatif, proclamer la République. "Les Blanquistes surtout croyaient pouvoir proclamer la République avant que l'Empire vermoulu s'écroulât de lui-même. Pour cela, il fallait des armes…", [Louise Michel, La Commune, 1898]. On tire sur les sergents de ville qui arrivent, mais c'est une fillette de 6 ans et un hôtelier qui sont tués. Un sergent de ville, blessé, est achevé à coups de bottes. La lutte devient encore plus sanglante. Un grand nombre d'émeutiers est arrêté et échappe de peu au lynchage. L'impératrice fera donner des secours aux parents de la fillette tuée. Trente personnes sont arrêtées et le conseil de guerre saisi. Il prononcera le 20 août la peine de mort pour un nommé Drest et des peines de 10 ans de travaux forcés. Le 23 août, Zimmerman, Brisset et Cahen sont condamnés à mort. Le 28 août, Eudes et Brideau sont condamnés à mort. Mordacq est condamné à 10 ans et Larrégieu à 2 ans de détention. Simultanément, on donne de fausses nouvelles du front où la bataille tourne mal. On condamne à 4 ou 6 mois d'emprisonnement quiconque est surpris en train de chanter la Marseillaise ou de crier "Vive la Prusse". Les procès sont quotidiens. Le 16 août 1870, la bataille de Gravelotte (Moselle) cause d'énormes pertes en hommes. Tout le monde veut prendre un blessé à son domicile... En l'absence de l'empereur, les condamnés à mort demandent la grâce de l'impératrice. Ils seront sauvés le 4 septembre par la proclamation de la République et du gouvernement de Défense nationale, amnistiés le 6 septembre 1870, deux jours plus tard, et remis en liberté.

(dessin X, DR)