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Pétroleuses rue de Bellechasse, mai 1871.

Rue de Bellechasse Paris Paris

Cinq "pétroleuses", Elisabeth Retiffe, 39 ans, cantinière, Léontine Suetens, 24 ans, blanchisseuse, Joséphine Marchais, 39 ans, Eulalie Papavoine, 24 ans, et Lucie Bocquin, 28 ans, lingère, sont jugées par le conseil de guerre, à Versailles, en août 1872. On leur reproche leur participation, le 22 mai 1871, à l'incendie d'une partie du Faubourg Saint-Germain. Elles ravitaillaient en vivres les Communards. Elles ont pillé les caves et les placards, ont participé à l'érection de barricades, ont pillé le 8 rue de Solférino, la Cour des comptes, la Légion d'Honneur. Elles criaient, dit-on, portaient des écharpes rouges, faisaient le coup de feu sur la barricade de la rue de Bellechasse, tantôt en guenilles, tantôt en uniforme de garde national. Les trois premières sont condamnées à mort le 5 septembre. Bocquin est condamnée à 10 ans de réclusion et Papavoine à la déportation. Pour sa participation à ces événements, Benoît Decamp, couvreur de 40 ans, sera condamné à mort par le conseil de guerre le 10 août 1872.

Louise Michel niera l'existence des "pétroleuses" qui auraient transporté le pétrole pour allumer l'incendie de Paris: "Les légendes les plus folles coururent sur les pétroleuses, il n'y eu pas de pétroleuses – les femmes se battirent comme des lionnes…" [Louise Michel, La Commune, 1898]

(dessin Bertall 1820-1882)