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La mort d'André Boursier, 1823.

16 Rue de la Paix Paris

En 1823, tout le quartier connaît André Boursier, l'épicier rondouillard qui officie depuis 16 ans au coin de la rue de la Paix et de la rue Neuve-Saint-Augustin (rue Daunou). Le 28 juin 1823, Boursier est pris de violents vomissements en mangeant le plat de riz préparé par sa femme. Rapidement alité, Boursier est décrit comme un homme à l'entrain jovial, "gros à l'excès, le cou court et la face enluminée". Il reçoit plusieurs médecins. Il a, diront les journaux, "une de ces constitutions puissantes, mais pléthoriques, qui tuent leur homme en pleine santé". C'est un homme qui voyage beaucoup pour trouver les denrées coloniales que sa femme vend à Paris, assistée de six employés. Mais voilà que le 30 juin à l'aube, Boursier va rendre l'âme sous les yeux d'un nommé Kostolo, un domestique grec sans place qui fréquente la maison et veille le patron dans ses derniers moments. C'est lui qui fera remarquer à un médecin nommé Toupié que le mort a les ongles bleus, ce qui va entraîner un soupçon d'empoisonnement et provoquer l'autopsie du corps. Et en effet, les médecins vont rapidement conclure à l'empoisonnement par de l'arsenic. Le 15 mai précédent, le mort avait d'ailleurs acheté de la mort-aux-rats que l'on ne retrouve pas. Le 27 novembre 1823, Marie-Adélaïde Boursier, qui avait promptement fait nettoyer la casserole du riz, va comparaître devant la cour d'assises en compagnie de Nicolas Kostolo, qui affirme fièrement avoir été son amant pendant les absences de Boursier, bien que la veuve persiste à le nier. Le président Jules Hardoin n'obtiendra aucun aveu. L'avocat général de Broë soutiendra cependant l'accusation, mais Me Couture, avocat de Mme Boursier, va arracher, avec Me Théodore Perrin, avocat de Kostolo, l'acquittement des deux accusés.

(lire "100 crimes à Paris", Olivier Richou et Michel Martin-Roland, Ed l'Opportun 2015).

(photo CPA)