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Les commerces, rue de la Grande Truanderie.

Rue de la Grande Truanderie Paris Paris

Un commissaire de police entre le 9 juillet 1840 chez Desforges, marchand de vins rue de la Grande-Truanderie. L'assemblée entière, qui chantait à tue-tête, plonge dans le silence. Il y a là 177 personnes. Qui expliquent au policier que l'on se réunit très habituellement sans avoir créé pour cela d'association, pour boire, fumer et chanter. L'entrée est libre. On ne paie que ses propres consommations. Mais par malheur, la politique est défendue. Et la chanson "le roi de la fève", qui se termine par "ton règne ne durera pas toujours", vaudra au cafetier et à quatre clients d'être condamnés à 100 francs d'amende pour le premier et à 50 francs d'amende pour les autres. La cour d'appel réduira cependant les peines à 25 francs et 10 francs.

Frasier, commerçant en salines au 41 de la rue de la Grande-Truanderie, est condamné le 7 décembre 1850 à un mois d'emprisonnement et 50 francs d'amende par le tribunal correctionnel. On lui reproche d'avoir étiqueté comme venant de la maison Piquet, saleur réputé de Dieppe, des harengs qu'il achète n'importe où ailleurs, à bien meilleur compte. Il lui suffit de changer l'étiquette des tonneaux. Mais les connaisseurs l'ont repéré et ils ont expliqué que Frasier "vendait des barils de Saint-Valéry marqués comme *Piquet de Dieppe*".

Le 7 novembre 1877, au 20 rue de la Grande-Truanderie, dans le restaurant du sieur Pharamond, un soldat déserteur du 18ème régiment de dragons, Pierre Thommerel, 18 ans, donne un coup de couteau au cou du garçon Dupuis, qui vient le servir au 2ème étage. Le soldat est maîtrisé avec difficulté, mais avoue avoir acheté pour 65 centimes un couteau à virole le 2 novembre dans le bazar, au coin des rues La Fayette et Laffite. "Pour tuer un homme, pour voir", dit-il. Le conseil de guerre, le 5 janvier 1878, le condamnera à 20 ans de travaux forcés, à la dégradation militaire et à 20 ans de surveillance de haute police.

(photo CPA)