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Faits divers au Carrousel.

Place du Carrousel Paris Paris

La place du Carrousel, avant les modifications du Second Empire, est directement reliée à la place du Palais-Royal par une petite ruelle, appelée "rue de Chartres". La rue de Rivoli n'est pas encore percée à cet endroit et ne commence qu'à la hauteur de la rue Richelieu. C'est dans cette ruelle de Chartres que sont découverts assassinés à coups de hache la veuve Montignon, 44 ans, et son fils de 14 ans, dans les premières années du XIXème siècle. Ils habitent une sous-pente au numéro 16, un local de quatre mètres sur deux au dessus d'un magasin de fruits et légumes. L'enquête est difficile car ce commerce sert aussi de cantine aux cochers qui stationnent sur la place du Palais-Royal, ainsi qu'aux ouvriers du quartier. Le crime a été découvert par la concierge d'en face qui n'a pas vu l'enfant partir à 8 heures, comme chaque jour. Le commissaire Marrut de l'Ombre sera chargé de l'affaire. La victime passait pour riche parce qu'elle avait économisé de quoi acheter un lopin de terre, chez elle, en Auvergne. Seule piste; un gestionnaire de son petit capital l'avait un jour trouvée en discussion avec un homme de 40 ans et de fort mauvaise mine, dont il donne un signalement précis. Alors, le fils aîné de la victime, Jules, 17 ans, arrivant du Havre, est arrêté par le juge d'instruction Desmortiers-Déterville le 2 mars. Il sera relâché, comme Jean-Baptiste d'Hers, client habituel de la victime. Le 27 avril 1840, une nouvelle arrestation, celle d'Hervé Urbain, 22 ans, cordonnier à Crosnes (78), ne donnera rien de mieux.

Le 15 juillet 1870, c'est la déclaration de guerre à la Prusse. Le corps législatif approuve, sûr de la victoire. On défile place du Carrousel, en criant "Vive l'empereur ! A bas la Prusse, Vive la guerre !" On chante la Marseillaise, le Chant du départ...

Alfred Michecopin, un grand brun de 36 ans, a pour projet, en 1895, d'épouser Léontine Duviquet, employée du Crédit foncier, qui demeure avec sa mère 64 boulevard Diderot. Se faisant passer pour célibataire, il la poursuit de ses assiduités et demande sa main. Qu'il obtient enfin ! Le mariage est accepté et fixé au 10 décembre 1895. Mais voilà qu'à la même époque est publié le divorce de Michecopin. Horreur : l'agent d'affaires Michecopin a été marié le 16 avril 1887 et a divorcé le 25 juillet 1895 ! La mère et la fille notifient sur le champ à ce voyou un congé définitif, estimant qu'on ne peut avoir confiance en un homme capable de pareil mensonge. Michecopin, vexé, continue cependant à poursuivre la demoiselle avec insistance. Puis formule des menaces. Il finit même par se montrer violent, au point que Léontine va devoir appeler plusieurs fois des gardiens de la paix. Michecopin raconte qu'il est son amant et menace de la tuer. Le 21 juillet 1896, à 9h, on l'entend crier sous les fenêtres de la mère :"Je tuerai votre fille et vous pleurerez !" Ainsi fut dit, ainsi fut fait. Michecopin va attendre l'heure de la sortie des employés du Crédit foncier; suivre la fille qui refuse encore de l'écouter et, parvenu devant l'arc de triomphe du Carrousel, tirer 5 coups de revolver à bout portant dans le dos. Léontine tombera dans les bras d'un passant en criant "ma mère !" et l'ex-fiancé, défendu par Me Henri Robert, sera condamné aux travaux forcés à perpétuité le 20 janvier 1897.

(dessin X)