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Les boutiquiers du palais de jutice.

4 Boulevard du Palais Paris-1ER-Arrondissement

Les boutiquiers des galeries du palais de justice sont expropriés et expulsés par la Ville de Paris en août 1839. Trois buvettes, installées dans le palais sont supprimées ainsi qu'un cordonnier et une dizaine de boutiques de la "Salle Mercière" et de la "Salle Dauphine". Les indemnités sont fixées par la justice à un prix moyen entre ce que la ville proposait et ce qui était réclamé. Seul le vestiaire de Mme Bosc échappe à l'expropriation. Restent seulement les boutiques de la Galerie des prisonniers et de la Salle Neuve, mais ces écrivains publics, libraires, costumiers seront expulsés quelques semaines plus tard, tout comme ceux de la Cour de Harlay. Au total, une quarantaine de commerces disparaissent. Le palais devient "aéré, éclairé, approprié aux besoins et à la dignité de la justice", selon des commentateurs. Les choses ont bien changé depuis lors car cloisonnements, bureaux minuscules et constructions préfabriquées se sont multipliées avec l'aval de générations d'architectes des monuments historiques, faisant disparaître de vastes salles ou des cours du palais.

Parmi les boutiquiers, on comptait depuis toujours un luthier. Celui-ci avait pour obligation de fournir un violon à la prison du bailli du Palais, qui enfermait régulièrement durant quelques heures les pages et laquais trop bruyants parce qu'ils troublaient les audiences du parlement. Le violon était destiné à les distraire pendant leur détention. L'usage remontait au temps de Louis XI et devait donner le nom de "violon" à toutes les prisons annexées à un corps de garde de la ville.

Les marchands étaient installés dans la Galerie mercière, dans la Galerie des libraires et la Galerie des prisonniers, ainsi nommée parce qu'elle recouvrait les cachots de la Conciergerie. Les deux premières étaient remplies de marchands de modes, parfumeurs, armuriers, orfèvres et libraires alors que la seconde était réservée aux fourreurs, marchands de jouets, relieurs, horlogers et fabricants de pantoufles, les "mules du Palais".

Sous l'escalier de la Sainte-Chapelle, on trouvait enfin la boutique du perruquier Jean Didier, dit "L'Amour", mis en scène par Molière dans la première scène du Médecin malgré lui et surchargé de travail entre les audiences du parlement. Muni d'un fouet ou d'un bâton, il se chargeait de faire régner le calme dans la cour du Palais en chassant les enfants bruyants ou les chiens bagarreurs. Il devait rester là durant 35 ans.